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"La mine est passée du métier du passé à celui du futur" : François Lenglet décrypte la prise de contrôle d'Eramet par l'État

L'État va devenir le premier actionnaire du groupe minier. Enjeux mondiaux, investissements cycliques, l'économiste revient sur l'importance de l'extraction des matières premières.

Panneau de la compagnie COMILOG, branche d'Eramet à Libreville

Crédit : Ludovic MARIN / AFP

L'État prend le contrôle d'Eramet : une question de souveraineté nationale

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L'État prend le contrôle d'Eramet : une question de souveraineté nationale

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François Lenglet - édité par La rédaction numérique de RTL

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L'État va devenir le premier actionnaire d'Eramet, acteur stratégique dans les minerais. Le gouvernement monte sa participation à la faveur d'une augmentation de capital de 500 millions d'euros. La compagnie minière tricolore extrait du nickel en Indonésie, du lithium en Argentine et exploite la plus grande mine de manganèse du monde au Gabon. 

L'État était déjà actionnaire d'Eramet à hauteur de 27%, derrière la famille Duval. Il va désormais devenir le premier, avec une part de 49%. En causes, l'entreprise a besoin d'argent après une période difficile et une crise de gouvernance qui a nécessité le rappel de l'ancienne PDG Christel Bories. Eramet est essentiel sur le plan de la souveraineté, à l'heure où la compétition mondiale s'accélère pour le contrôle des métaux critiques et des terres rares.

Une activité risquée et à pertes

La compagnie possède notamment une technique d'hydrométallurgie pour l'extraction et le traitement du lithium argentin à très fort rendement, la seule existante hors de Chine. Elle détient également la SLN, qui produit le ferronickel de Nouvelle-Calédonie. Si cette activité enregistre de lourdes pertes à cause de la sous-productivité locale, celles-ci sont financées par l'État au titre de l'aide de la métropole au territoire.

La famille propriétaire, les Duval, ne pouvait pas suivre financièrement le développement de l'entreprise. C'est un métier qui demande beaucoup d'investissement et donc de capital, parce qu'il est très cyclique et que le cours des métaux fluctue énormément. Cela crée beaucoup de risques après une année 2025 assez rude qui se solde par une perte de 500 millions d'euros pour l'entreprise. De plus, ce sont des héritiers familiaux de troisième génération, nombreux et difficiles à réunir derrière un objectif commun. La famille cherchait donc à vendre un fonds.

Défendre la souveraineté française sur les ressources rares

Si la compétition mondiale sur les mines est si vive, c'est parce que les ressources de la planète sont limitées et que la demande explose, en particulier pour ces métaux rares dont toutes les nouvelles industries ont besoin. La Chine a accumulé des possessions minières sur tous les continents, construisant un instrument de chantage qu'il est important de réduire. En quelques années la mine a changé de statut, passant d'un métier du passé à un métier du futur. C'est la raison pour laquelle la défense des intérêts français est importante.

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