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Pourquoi et comment le groupe Casino se fait-il attaquer ?

ÉDITO - Le groupe de distribution français Casino traverse une mauvaise passe : il est pris pour cible par de mystérieux investisseurs.

L'enseigne Casino (illustration).
L'enseigne Casino (illustration).
Crédit : ERIC PIERMONT / AFP
Pourquoi et comment le groupe Casino se fait-il attaquer ?
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Pourquoi et comment le groupe Casino se fait-il attaquer ?
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François Lenglet & Leia Hoarau

Casino a été fondé en 1898 par Geoffroy Guichard, à Saint-Etienne. 120 ans plus tard, le groupe possède 12.000 magasins dans le monde, les trois quarts en France, 220.000 collaborateurs et 38 milliards d'euros de chiffre d'affaires. C'est lui qui possède, outre les magasins Casino, les enseignes Monoprix, Franprix, Géant, Spart, Cdiscount... 

Et voilà qu'un fond spéculatif au nom étrange, Muddy Waters, qui signifie "eaux troubles", s'attaque à lui avec une douzaine d'autres investisseurs. À tel point que le cours de l’action s'est littéralement effondré, jusqu'à début septembre. 

Mais comment peut-on faire chuter délibérément le cours d'une action ? Avec la technique du shortage. Tout d'abord, on emprunte des actions, des millions d'actions, sur les marchés financiers. Ensuite, on parie sur la baisse du titre, exactement comme sur un match de football. Et enfin, on provoque la baisse en vendant massivement, et on le fait savoir, de façon à entraîner d'autres investisseurs à vendre. Si tout se passe comme prévu, on gagne son pari, c'est-à-dire qu'on ramasse beaucoup d'argent.

Pourquoi s'attaquer à Casino ?

Parce que l’entreprise est vulnérable, à cause de son endettement élevé, qu'elle possède une structure financière complexe et pas toujours lisible, et qu'elle a fait des erreurs de communication. Côté dette, le groupe doit rembourser 600 millions d’euros le mois prochain, et il y a une autre échéance importante en mars. La proximité de ces deux échéances, plus une très forte baisse du cours, ont créé un climat de panique autour de l'entreprise, qui lui interdit de demander le rallongement des délais de remboursement.

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Ce climat peut provoquer une faillite complètement artificielle... Heureusement, Casino a pu trouver un prêt bancaire de 500 millions lundi 17 septembre, consenti jusqu'en 2020 par les grandes banques françaises et HSBC. En fait, la place de Paris s'est associée pour sauver Casino. Du coup, l'action a repris 7,6%, et Rallye, la maison mère, 13,8%. En clair, nos vautours spéculatifs ont dû se brûler les ailes. Car si le cours de l'action monte, ils perdent de l'argent.

Comment Casino se sauvera-t-il ?

Il gagne du temps. Cette ligne de crédit devrait lui donner le temps de vendre des parties du groupe pour rembourser sans problème et retrouver une structure financière plus saine. C'est d'autant plus souhaitable que le business du groupe est rentable, dans un secteur pourtant exposé comme la grande distribution, à cause de la concurrence d'internet et de son géant, Amazon, qui inquiète tout le monde. 

Casino a su innover, en particulier avec des petites et moyennes surfaces, les Franprix et Monoprix, installés en ville, qui sont montés en gamme, et en prix il faut le dire, par exemple avec le bio. La dernière initiative en date, c'est l'association avec Amazon justement, pour ouvrir un service de livraison de produits Monoprix, majoritairement alimentaires, à Paris et en banlieue proche. Le service a démarré en trombe la semaine dernière.

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