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Pour élargir son empire, Patrick Drahi s'endette et inquiète

REPLAY - ÉDITO - La boulimie d'achat du milliardaire franco-israélien Patrick Drahi continue. Ses méthodes de gestion font sourcilier les marchés financiers.

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Pour élargir son empire, Patrick Drahi s'endette et inquiète Crédit Image : Damien Rigondeaud | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet et Loïc Farge

Le groupe de Patrick Drahi qui possède notamment le téléphone mobile SFR, a annoncé jeudi 17 septembre encore un rachat d'entreprise pour 15 milliards d'euros. Il s'agit de la quatrième acquisition importante d'Altice en un an, cette fois-ci aux États-Unis. Il achète Cablevision, un réseau de télé par câble, qui opère sur la cote est de l'Amérique. On comprend bien l'intérêt stratégique d'acquérir une telle entreprise, rentable, pour un groupe spécialisé dans les télécoms. Ce qui surprend, c'est la liste des emplettes depuis un an. Ou plutôt l'addition.

Drahi dépense 10 à 15 milliards d'euros tous les trois mois, pour acheter des réseaux de câble ou de télécoms. Et il devrait poursuivre dans les médias. Il possède déjà BFMTV, RMC et L'Express. Tous ces rachats sont faits à crédit, parce qu'il ne possède bien sûr pas ces sommes considérables. La dette totale de ce groupe, qui n'était qu'une PME jusqu'à la fin 2014, s'évalue désormais à près de 50 milliards d'euros.

Prise de risque limité des banques

Les banques, BNP Paribas par exemple, ne font que financer les achats avec une sorte de crédit-relais, à court terme donc. Pendant ce temps-là, Altice, l'acheteur, emprunte sur les marchés financiers, aux investisseurs du monde entier : des compagnies d'assurance, des fonds de pension, qui tous prêtent un peu d'argent parce qu'ils espèrent bien en retirer une rémunération, un intérêt annuel élevé parce que les montages de Drahi sont considérés comme risqués.

Avec l'argent récolté, Drahi rembourse les banques. La dette change de main : elle est détenue par d'innombrables porteurs dans le monde, peut-être votre assurance-vie.

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Cela veut dire que les banques ne prennent pas le risque que de façon temporaire, pendant le crédit-relais, avant qu'il ne soit réparti sous la forme de milliers d'obligations disséminées dans les circuits de la finance mondiale. Elles empochent au passage de confortables commissions pour le montage de ces échafaudages.

Météo financière clémente, jusqu'à quand ?

Les limites sont celles de l'humeur des investisseurs. Quand ils ont le moral, ils prêtent à n'importe qui sans regarder les livres de compte. En ce moment, c'est le cas. À l'inverse quand ils dépriment, ils ne prêtent à personne, pas même aux entreprises les plus solides. C'était le cas en 2008 -2009.

Drahi compte rembourser ces dettes avec les profits des entreprises qu'il rachète. Il compte bien les faire augmenter. D'abord en coupant les coûts, c'est sa spécialité. Puis en faisant jouer les économies d'échelle. Quand on a deux compagnies de câble aux États-Unis, par exemple, on n'a pas besoin de deux sièges.

Jusqu'ici, tout cela a fonctionné. Mais l'édifice périlleux de Patrick Drahi repose avant tout sur une météorologie financière mondiale très clémente. Et il n'y a rien de plus capricieux que la météo.

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