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Perquisitions chez Renault : ce que l'on sait de l'affaire qui fait chuter l'entreprise en bourse

ÉCLAIRAGE - La CGT a annoncé que des perquisitions ont été effectuées sur différents sites du constructeur automobile Renault, ce qui a lancé une affaire aux lourdes conséquences économiques.

Carlos Ghosn, PDG de Renault, ici en 2006 lors d'une conférence de presse
Carlos Ghosn, PDG de Renault, ici en 2006 lors d'une conférence de presse Crédit : FRED DUFOUR / AFP
James Abbott
James Abbott

Un séisme économique inattendu a secoué le constructeur Renault, jeudi 14 janvier. La CGT a en effet annoncé, au matin, que des perquisitions avaient été effectuées sur différents sites de Renault la semaine précédente par des agents de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Le gouvernement a même dû s'exprimer rapidement pour défendre publiquement l'entreprise, par la voix de Ségolène Royal : "Il n'y a pas de logiciel de fraude chez Renault, les actionnaires peuvent être rassurés, les salariés peuvent être rassurés".

Les révélations font dégringoler l'action en bourse

Il est logique que la ministre de l'Écologie s'avance ainsi car l'État est détenteur de 19,4 % du capital du constructeur français. Elle a donc tenté d'éteindre l'incendie boursier provoqué par cette annonce diffusée dans un tract de la CGT Renault du site de Lardy (Essonne). Car en quelques minutes, la capitalisation boursière avait fondu de près de 5 milliards d'euros, le titre perdant près de 23 % au CAC 40 durant la journée de jeudi. Une baisse finalement arrêtée à hauteur de 10 % à la clôture. Néanmoins, la chute s'est poursuivie vendredi 15 janvier à mi-journée (-3%).

La CGT dément avoir mis en cause des trucages

La marque au losange a ensuite expliqué que ces premières investigations ne mettaient pas en évidence la présence d'un logiciel truqueur comme pour l'affaire Volkswagen. Une affirmation soutenue par Fabien Gâche, délégué central de la CGT chez Renault, qui s'est exprimé sur RTL : "La CGT n’a jamais mis en cause des trucages", corrige le représentant qui voulait initialement souligner un problème entre les objectifs affichés par Renault en terme de limitation de la pollution et les moyens humains des salariés sur les sites de Renault. Un objectif bien éloigné de l'ampleur qu'à prise l'affaire.

(On ne peut pas affirmer) qu'il n'y a pas eu tricherie

Emmanuelle Cosse
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Le tract de la CGT expliquait pourtant, selon Libération, que les "secteurs (visés) laissent fortement penser que les perquisitions sont liées aux conséquences de l'affaire des moteurs truqués de Volkswagen", en précisant que "plusieurs PC de directeurs" ont été saisis. Une annonce critiquée par le syndicat Force Ouvrière. Son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, l'a jugée "prématurée", vendredi sur Public Sénat. "On ne doit pas lancer, comme ça en pâture, des éléments qui ne sont pas encore complètement fondés", a-t-il ajouté. 

Le ministère de l'Économie dans l'embarras avec Nissan

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Les émissions polluantes du dernier Espace seraient au cœur des investigations selon France Info. Mais la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse, a estimé vendredi sur iTélé, à propos des moteurs diesel de Renault, qu'on ne peut pas affirmer aujourd'hui "qu'il n'y a pas tricherie". Elle souligne que les véhicules Renault "ne respectent pas les normes" et qu'ainsi "on ment aux consommateurs".

Une tournure des événements qu'Emmanuel Macron doit voir d'un mauvais œil. Le journal L'Opinion rappelle que le ministère de l'Économie avait décidé de renforcer la part de l'État dans le capital de Renault en achetant 25 millions d'actions à 92 euros et en promettant de les revendre à Nissan. Mais l'action ayant chuté à 77 euros vendredi 15 janvier, il va être difficile pour le ministère de leur faire accepter une moins-value de près de 400 millions d'euros... Partenaire de Renault, le groupe japonais a lui-même reculé de 2% après la révélation de cette affaire.

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