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"Ne pas créer les impôts de demain" : sur RTL, le président de l'Union des entreprises de proximité appelle à "cibler" les aides publiques sur les carburants

Sur RTL Matin, ce lundi 11 mai, Michel Picon, président de l'U2P, a appelé le gouvernement à cibler en priorité les professions pour lesquelles le carburant est "vital", comme les transports, les soins à la personne, ainsi que les artisans du bâtiment ou encore les pêcheurs

Michel Picon, président de l'Union des entreprises de proximité (U2P), dans RTL Matin le 11 mai 2026.

Crédit : RTL

"Ne pas créer les impôts de demain" : sur RTL, le président de l'Union des entreprises de proximité appelle à "cibler" les aides publiques sur les carburants

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"Ne pas créer les impôts de demain" : sur RTL, le président de l'Union des entreprises de proximité appelle à "cibler" les aides publiques sur les carburants

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Thomas Sotto & Jérémy Descours

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Michel Picon, président de l'Union des entreprises de proximité (U2P), a appelé, ce lundi 11 mai sur RTL, le gouvernement à "identifier ceux pour qui [le carburant, NDLR] est vital" face à la flambée des prix

"C'est gênant pour tout le monde", reconnaît-il, mais certaines professions sont particulièrement fragilisées, comme "le transport" ou "tous ceux qui sont autour du soin à la personne". Il cite notamment "les aides-soignantes", souvent à temps partiel, pour lesquelles "100 euros de moins à la fin du mois, avec une rémunération qui tourne autour de 700 euros, c'est terrible et c'est vital". 

Tout en demandant un soutien de l'État, Michel Picon rappelle toutefois que "les aides d'aujourd’hui, c'est les impôts de demain". 

On "n'attend pas le grand soir"

Concernant les annonces attendues du gouvernement, le président de l'Union des entreprises de proximité, qui représente plus de 3,5 millions d'entreprises en France, souligne que l'U2P "n'attend pas le grand soir".

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Selon Michel Picon, les mesures envisagées devront toutefois être renforcées : "Il faut aller plus loin parce qu'on se rend compte que ce n'est pas suffisant". Il alerte également sur les conséquences économiques qui s'annoncent au-delà de la crise du carburant, notamment "l'augmentation des coûts de matières premières", déjà très visible dans le secteur du bâtiment.

Interrogé sur ce "deuxième effet", il prévient : "C'est un effet qui va vraiment être catastrophique pour beaucoup de nos petites entreprises". Michel Picon rappelle, au micro de RTL, qu'au premier trimestre, "nous avons perdu plus de 18.000" entreprises, "18.000 défaillances d'entreprises" dont plus de 80% sont des TPE de moins de 10 salariés".

"Le civisme devrait s'emparer un peu de tout"

Le président de l'U2P appelle également les grands groupes à davantage de "civisme" face à la crise. "Quand on augmente des prix aussi vite et de manière aussi forte, peut-être que le civisme devrait s'emparer un peu de tout", estime-t-il. 

Il vise notamment "les pétroliers au départ, ceux qui raffinent", dont Total. Michel Picon pointe aussi "tous les marchands de matériaux" et plus largement "tous ceux qui offrent et proposent des matières premières et qui annoncent des augmentations dans les mois qui viennent", qu'il juge "non soutenables pour une partie de notre économie".

Il demande à l'État d'agir davantage : "Il faut que le gouvernement utilise tout l'arsenal dont il dispose au travers de la direction de la concurrence et des prix". Et dénonce "ceux qui ont un comportement anti-citoyen, qui s'en foutent de la situation pourvu que leur compte d'exploitation s'améliore et que leur action grimpe".

"Une réforme de fond"

Face aux appels des syndicats en faveur d'une hausse des salaires, Michel Picon estime qu'"il faut augmenter les salaires", tout en dénonçant le poids des charges qui pèsent sur les entreprises. "Quand vous donnez 100 euros d'augmentation à votre salarié, vous en avez 180 à sortir", explique-t-il sur RTL, plaidant pour "une réforme de fond" du financement de la protection sociale. 

Le président de l'U2P rappelle toutefois que des négociations salariales sont déjà engagées dans de nombreuses entreprises, alors que "l'augmentation du SMIC le 1er juillet devrait faire autour de 2 points".

Michel Picon demande également un geste de l'État concernant les aides versées directement par les employeurs à leurs salariés pour faire face au coût du carburant. "Toutes les entreprises font un effort avec leurs salariés", assure-t-il, évoquant ces employés qui parcourent parfois "80 kilomètres tous les matins pour venir bosser". 

Selon lui, beaucoup d'entreprises versent déjà "80 ou 100 euros de primes" pour aider leurs salariés à faire le plein. Mais il juge "insupportable" que ces aides soient soumises à des cotisations sociales : "Si une entreprise donne un coup de main à son salarié pour pouvoir faire son plein, l'État ne doit pas avoir l'aubaine de venir prendre des cotisations sociales".

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