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Mistral face aux géants américains de l'IA : François Lenglet explique pourquoi l'Europe ne peut pas se permettre de décrocher

Avec son nouveau modèle d'IA, Mistral confirme ses ambitions dans un secteur dominé par les États-Unis et la Chine. François Lenglet souligne pourquoi cette bataille technologique est aussi une question de souveraineté pour l'Europe.

Illustration d'un téléphone avec le logo de l'entreprise Mistral AI.

Crédit : Samuel Boivin / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Mistral, la nouvelle offensive du petit Français

00:03:09

Mistral, la nouvelle offensive du petit Français

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François Lenglet - édité par La rédaction numérique de RTL

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La start-up française Mistral a présenté son nouveau modèle d'intelligence artificielle mardi 6 octobre. Appelé Le Chonk, c'est une ultime version du logiciel Le Chat. Une évolution importante qui montre que l'entreprise créée il y a trois ans seulement reste dans la course de l'innovation technologique, dominée par les Américains et les Chinois. 

Il ne faut pas oublier que de semaine en semaine, les performances de l'intelligence artificielle ne cessent de s'améliorer, soutenues par l'augmentation de la puissance de calcul et par les centaines de milliards de dollars que les géants investissent outre-Atlantique. 

Mistral vaut 21 milliards d'euros, soit trois fois le constructeur Renault. Anthropic le promoteur de Claude, vise lui une valeur de 2.000 milliards de dollars pour son introduction en bourse en novembre. Cela revient à un rapport de 1 à presque 100 entre les champions des deux rives de l'Atlantique. 

La nécessité d'être indépendant

Mistral reste cependant le premier européen. Au-delà de l'intérêt économique que représente une entreprise technologique en forte croissance, il y a également des enjeux de souveraineté, c'est-à-dire d'indépendance vis-à-vis des Américains. Il est très important de produire une intelligence artificielle en Europe. 

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Par exemple avant l'été, l'administration américaine avait interdit l'utilisation de la nouvelle version du logiciel Claude pour des raisons de sécurité. Le monde entier en avait souffert. Cela veut dire que nous sommes à la merci d'un caprice, que ce soit de Donald Trump ou d'un autre. 

Mistral installe des systèmes d'IA dans les grandes entreprises du continent comme Airbus, qui veulent des solutions européennes parce qu'elles sont soucieuses de protéger leurs données considérables et confidentielles. 

Cela reste bien sûr une souveraineté partielle, car l'Europe reste dépendante des Américains pour le stockage des données, pour la puissance de calcul et pour les microprocesseurs qui constituent le cerveau physique de l'IA. 

Il reste du chemin à parcourir en Europe

L'industriel néerlandais ASML, qui vend des machines destinées à fabriquer les puces les plus sophistiquées, n'a pas de client en Europe. Cela s'explique parce qu'aucun Européen ne fabrique des puces de très haut niveau. 

Nous ne disposerons pas chez nous d'une chaîne de production totale pour ces technologies avant très longtemps. Mais le développement de Mistral contribue à desserrer l'étau, ce qui est une très bonne chose.

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