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Manuel Valls veut une remise à plat des concessions autoroutières

REPLAY / ÉDITO - Le débat sur la gestion des autoroutes prend une tournure de plus en plus politique. Mercredi 10 décembre, Manuel Valls a annoncé une remise à plat des contrats de concession des autoroutes françaises.

François Lenglet
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Crédit : Damien Rigondeaud
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Manuel Valls veut une remise à plat des concessions autoroutières
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Ce sont des concessions qui ont été négociées et vendues en 2006, lorsque Dominique de Villepin était à Matignon. L'État en a tiré 15 milliards d'euros, dont il s'est servi pour désendetter le pays. Ces concessions arrivent à échéance en principe dans une quinzaine d'années.

Ce qui est très curieux, c'est que, le jour même où Manuel Valls annonce son intention de reprendre la main sur les sociétés d'autoroutes, on présente la loi Macron qui, elle, projette de céder au privé deux aéroports français, ceux de Lyon et de Nice.

Renationaliser coûterait très cher

D'un côté on veut privatiser l'exploitation des aéroports, et de l'autre revenir sur la privatisation des autoroutes ? C'est à n'y rien comprendre ! En réalité, le gouvernement fait de la politique. Il répond aux "frondeurs". Ce sont 152 députés qui lui ont écrit il y a quelques jours pour dénoncer par anticipation les concessions au nom de l'intérêt général.

Pour faire passer la loi Macron, qui suscite quelques débats au sein de la gauche, il donne des gages. Les députés préconisaient même une nationalisation temporaire de ces sociétés.

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Renationaliser les autoroutes, c'est impossible. Cela coûterait trop cher : au moins une vingtaine de milliards d'euros. Le gouvernement veut en réalité renégocier les contrats, sans doute pour récupérer de l'argent ou pour limiter la hausse des tarifs sur autoroute.

N'est-ce pas contestable de privatiser cette activité qui n'est pas dans un univers concurrentiel ?

François Lenglet

C'est vrai que les sociétés autoroutières se goinfrent. "La rentabilité exceptionnelle des sociétés concessionnaires d'autoroute est assimilable à une rente", dénonçait récemment l'Autorité de la concurrence. Elle préconisait non pas de dénoncer les contrats, mais de modifier la tarification.

La sortie de Manuel Valls va probablement donner lieu à des discussions en coulisses pour revoir les conditions d'exploitation. Mais en bonne logique, cette renégociation aura un coût pour l'État. Car il faudra changer le contrat.

Court terme

Pour l'Autorité de la concurrence et la Cour des comptes, les contrats ont très mal été négociés par l'État. Il y a aussi un problème de principe. N'est-ce pas contestable de privatiser cette activité qui n'est pas dans un univers concurrentiel ? Si vous allez à Clermont-Ferrand depuis Paris, vous ne passez pas par Rennes.

On récupère des ressources de court terme, en hypothéquant les ressources de long terme. Le problème, c'est que c'est la même chose pour les aéroports de la loi Macron.

L'État a justement besoin d'argent à court terme. Mais un investisseur potentiel est en droit de prendre peur en entendant le Premier ministre remettre en cause la signature de l'État. Surtout après l'annulation du contrat d'Écomouv où, là encore, ce gouvernement a cassé un engagement public, au risque d'ailleurs de se voir infliger des centaines de millions d'euros de pénalités.

Au moment où l'on s'apprête à vendre un bien, le meilleur moyen pour trouver un acheteur à bon prix ce n'est pas forcément d'annoncer qu'on va lui taper sur la tête.

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