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Les meilleures idées à piquer à l'étranger pour redresser la France

ÉDITO - Le magazine "Capital", en partenariat avec RTL, répertorie 80 idées pour faire redécoller la France. Elles sont inspirées de mesures déjà mises en œuvre par nos voisins. Faut-il les copier ?

Christian Menanteau
Christian Menanteau
Crédit : Romain Boé / SIPA / RTL
Les meilleures idées à piquer à l'étranger pour redresser la France
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Les meilleures idées à piquer à l'étranger pour redresser la France
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Loïc Farge
Loïc Farge

Le pays qui a inventé l’ENA, la taxe sur les pavés et l’impôt sur les pylônes a aujourd'hui du mal à ne pas considérer qu’il n’est de bon bec que dans l’Hexagone. C’est la fameuse "exception française". Mais un brin de bon sens piqué à nos voisins nous permettrait d’énormes économies. Prenons trois exemples facilement transposables chez nous.

En matière économique, nos entreprises paient 200 taxes dites "de production" pour 90 milliards d'euros. Il y en a 55 en Allemagne pour 19 milliards. La méthode de Berlin : les impôts et les taxes qui ne rapportent pas plus de 25% du coût de la collecte sont supprimés. Ça marche. Dans l’enseignement supérieur, nos facs sont en queue de peloton des classements internationaux. Elles sont aussi les seules à être gratuites pour tous quelle que soit la nationalité. La méthode de Londres : on fait payer aux  étrangers le prix coûtant. Ça marche : avec des budgets plus copieux, leurs facs sont suréquipées et elles refusent du monde.
Prenons le train de vie de l’État. Rome a vendu les deux-tiers du parc auto de fonction sur eBay, on a fermé le Conseil économique et social, et on publie le taux d’absentéisme des fonctionnaires. Ça marche.

Il faut que les Français deviennent plus cohérents entre les déclarations et les comportements

Christian Menanteau

Ce type de dispositions ne peut évidemment pas suffire à redresser nos comptes. Pour les grands mouvements qui sont déjà réalisés chez nos voisins, il faudra plus de temps et de cohérence. Considérons la protection sociale. Elle est en France largement financée par les 25 milliards de cotisations qui frappent le travail. Avec trois inconvénients majeurs. L’écart entre le salaire brut payé par l’entreprise et le net du salarié est massif. Ensuite, comme cela pèse sur la compétitivité de nos produits. Enfin, c’est une barrière supplémentaire à l’emploi.

De l’autre côté du Rhin, Angela Merkel, face au même dossier, a tranché dès 2007. Elle a copié les Danois et fait basculer une grosse partie des cotisations sur la TVA sociale. On devrait s’en inspirer, car en l’absence d’inflation les répercussions sur le pouvoir d’achat seraient très limitées.

À écouter aussi

Il faut que les Français deviennent plus pragmatiques et surtout plus cohérents entre les déclarations et les comportements. Nos amis italiens ont bouclé un dossier qui nous parlons depuis des lustres : l'unification des régimes de retraites et la fin des injustices dans le calcul des pensions. Chez nous, au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, on surtout beaucoup procrastiné. Ce petit mélange de lâcheté et de reculade qui interdit toute action.

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