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Un agent d'EDF se trouve à la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux, à Saint-Laurent-Nouan, dans le centre de la France, le 30 mars 2023.
Crédit : GUILLAUME SOUVANT / AFP
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Les salariés du secteur de l'énergie sont en grève, ce mardi 15 septembre, pour défendre le "tarif agent", un avantage dont bénéficient les électriciens et gaziers sur leurs factures de gaz et d'électricité. Hérité de 1945, ce dispositif leur permet, selon les cas, de payer leur énergie jusqu'à 90% moins cher que les autres consommateurs.
À l'origine, ce tarif préférentiel a été créé pour compenser les salaires modestes de ces professions. Concrètement, les agents concernés bénéficient d'un prix très réduit sur leur consommation de gaz et d'électricité. Ils ne paient pas l'abonnement et certaines taxes sont prises en charge par l'employeur. Résultat : l'économie peut être massive sur la facture finale.
"Je paye 20 euros par mois et donc je paierais 200 si je n'avais pas le tarif agent", explique Sébastien, technicien gaz chez GRDF, au micro de RTL. Pour certains salariés, cet avantage fait clairement partie de l'équilibre financier du foyer. "Par rapport au privé, nos salaires sont assez bas. Donc si on n'avait pas cet avantage, ce serait compliqué financièrement. Aujourd'hui, avec 1.400 euros, c'est très compliqué de vivre. C'est aussi ce qui m'a fait décider de rentrer à GRDF", poursuit Sébastien.
Cette composante historique du statut des électriciens et gaziers concerne environ 140.000 salariés du secteur, mais aussi près de 160.000 retraités issus des entreprises héritières d'EDF et de GDF, comme Engie, Enedis ou GRDF.
C'est précisément ce dispositif que le gouvernement envisage de mieux fiscaliser. Dans un rapport publié mi-juillet, la Cour des comptes estime que cet avantage est insuffisamment imposé et qu'il échappe en partie à l'impôt sur le revenu et à la CSG (Contribution sociale généralisée). Selon ses calculs, une révision de son traitement fiscal pourrait rapporter environ 230 millions d'euros par an à l'État.
La Cour évalue aussi son coût à "plus de 700 millions d'euros en 2024" pour le groupe EDF. Elle affirme que ses bénéficiaires "acquittent désormais moins de 2% des tarifs moyens de l'électricité ou du gaz payés par les consommateurs". Un chiffre contesté par certains syndicats, qui parlent plutôt d'un tarif autour de 10% de celui payé en moyenne par les ménages.
Le gouvernement assure toutefois qu'il n'est "pas question de remettre en cause le tarif agent". Mardi matin sur France 2, la ministre déléguée à l'Énergie, Maud Bregeon, a expliqué que "la question [était] le niveau de fiscalisation", promettant un échange avec les organisations syndicales.
Pour mettre la pression, les grévistes se sont mobilisés mardi matin dans plusieurs centrales nucléaires, avec des baisses de puissance signalées sur plusieurs sites, ainsi qu'au barrage hydraulique de Lyon-Villeurbanne. Les syndicats jugent que le mouvement pourrait se durcir si le gouvernement persiste.
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