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Canicule : pourquoi EDF a mis à l'arrêt trois réacteurs nucléaires en moins d'une semaine

En pleine épisode caniculaire, l'électricien public réduit sa production afin de respecter les limites d'échauffement des fleuves et rivières. Après la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne), deux autres réacteurs à Bugey (Ain) et à Nogent-sur-Seine (Aube) ont été mis à l’arrêt, tandis qu'un réacteur de Saint-Alban doit aussi réduire sa production.

Trois réacteurs nucléaires ont été mis à l'arrêt fin juin 2026 en pleine période caniculaire.

Crédit : Philippe LOPEZ / AFP

Olivier Appert, conseiller du Centre énergie-climat : "La température peut atteindre 80 degrés sous le sol"

00:08:39

AFP & Athénaïs Cornette de Saint Cyr

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Nucléaire et canicule ne font pas bon ménage. Ce jeudi 25 juin, EDF a mis à l'arrêt deux réacteurs nucléaires au Bugey (Ain) et à Nogent-sur-Seine (Aube), portant à trois le nombre de réacteurs arrêtés en France, en raison des fortes chaleurs, après celui de Golfech (Tarn-et-Garonne) le lundi 22 juin. Une unité à Saint-Alban doit aussi réduire sa production. 

Le réacteur n°3 de la centrale du Bugey sur les bords du Rhône est à l'arrêt depuis 9 heures tout comme l'unité n°1 de Nogent-sur-Seine (Aube) depuis 9h15 pour "causes externes liées à l'environnement", afin de respecter les limites d'échauffement du Rhône et de la Seine, précise l'électricien sur son site d'informations réglementaires.

Limiter le réchauffement des cours d'eau

Les réacteurs des centrales doivent être refroidis en permanence et pour cela, ils prélèvent de l'eau dans une source froide et la rejettent plus chaude. Afin de préserver les écosystèmes aquatiques des cours exploités par les unités de production situées dans les terres, des limites de température de l'eau à l'aval des centrales ont été fixées, les contraignant "à adapter leur fonctionnement aux conditions climatiques", en réduisant leur activité ou en se mettant à l'arrêt, peut-on lire sur le site de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASNR). 

"La moitié des réacteurs sont localisés à l'intérieur des terres. L'autre moitié des réacteurs sont localisés à proximité de la mer (...) et ne sont pas soumis à ce type de contraintes", explique Olivier Appert, conseiller du Centre énergie et climat de l'Ifri sur RTL. Et d'ajouter : "Bien entendu, ils ne peuvent pas rejeter de l'eau à des températures trop élevées, mais là, le problème se pose moins".

Depuis 2000, les fortes températures ont coûté en moyenne 0,3 % de la production nucléaire annuelle, indique EDF. Pour le site de Golfech par exemple, la température du fleuve ne doit pas dépasser 28°C après les rejets de la centrale, selon un arrêté du 18 septembre 2006.

Le fonctionnement du réacteur a ainsi été perturbé à plusieurs reprises, notamment en 2022, année où la production du parc nucléaire français a fortement baissé en raison de fissures sur les installations et de vagues de chaleur intenses. 

Peut-on manquer d'électricité ?

Pour le moment, le gestionnaire du réseau de haute tension RTE se veut rassurant. Mercredi le gardien de l'équilibre du système électrique a indiqué à l'AFP que "la France dispose des moyens de production pour couvrir les besoins en électricité des Français, y compris en cas d'arrêt de moyens de production".

"On ne peut pas manquer d'électricité compte tenu du fait qu'aujourd'hui on a en France une surcapacité de production. (...) On continue toujours à exporter entre 10 à 12 gigawatts", rappelle de son côté Olivier Appert sur RTL.

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