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"J’apprends tous les jours des rapaces", confie Romuald de Romans, fauconnier

Romuald de Romas a dédié sa vie à s'occuper des rapaces au parc forestier et animalier de l'Espace Rambouillet.

Romuald de Romans, fauconnier
Romuald de Romans, fauconnier
Crédit : Marie-Bénédicte Allaire
"J'apprends tous les jours des rapaces", confie Romuald de Romans, fauconnier
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Marie-Bénédicte Allaire

À quelques mètres, une femelle aigle pêcheur accueille Romuald de Romans, d’un cri aigu et répété. "Elle est bavarde", s’amuse le fauconnier. Ce spécimen est l'une des 40 espèces de rapaces accueillies au parc forestier et animalier de l'Espace Rambouillet, où Romuald est responsable de la volerie. Cet art ancestral "date de 4.000 ans, en Asie centrale avec les Mongols qui chassent à l’aide d’aigles royaux, le renard, le lièvre", explique-t-il. L'espace Rambouillet, en plein cœur de la superbe forêt des Yvelines, participe à la préservation des espèces. Nous nous y sommes rendus au printemps, la pleine saison des naissances.

"On a un pygargue de Steller qui est né il y a quatre semaines, deux aigles américains qui sont nés et deux aigles impériaux qui sont nés. Mais on a encore plein d’œufs en incubateur, donc ça va continuer. Des chouettes, des milans, des faucons…", détaille-t-il en nous montrant de jeunes oiseaux. 

Tout faire pour bien élevé les animaux

Pour favoriser la reproduction de ces espèces dont certaines sont menacées de disparition, Romuald assiste les futurs parents. Il faut parfois trouver pour les œufs des "parents adoptifs", ce que font très bien les aigles pêcheurs. "J’ai par exemple des aigles impériaux qui pondent très bien, mais qui ne savent pas élever, qui couvent très mal. Tous les ans, je prends les œufs des impériaux, je les mets sous les pygargues à tête blanche. Je pique les œufs des pygargues à tête blanche, et là, il y a deux aigles impériaux qui sont nés hier sous les pygargues à tête blanche", explique Romuald.

L'été, le public peut voir des représentations de rapaces en vol. Romuald dresse les jeunes nés en captivité, de la même façon que le font les adultes avec leurs petits. "Quand un rapace naît dans la nature, les parents lui apportent à manger tous les jours. À un moment, les parents arrêtent de le nourrir. Ils vont apporter une proie à 200 m sur un autre rocher ou sur un autre arbre pour inciter le petit à quitter le nid. Nous on fait à peu près la même chose. On leur demande de se déplacer et de venir manger sur notre gant... Au départ c’est des petits bonds de 20 cm à 1 mètre, et puis après c’est 20 mètres. Une fois que l’oiseau réagit bien, on peut le lâcher complètement", raconte le fauconnier.

Un lien fort se crée avec les rapaces

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Mais parfois, les jeunes rapaces refusent de rentrer. "Quand l’oiseau est sur un chêne à 21 heures et qu’il ne veut pas descendre, il faut être patient, partir à la tombée de la nuit et revenir le lendemain matin à 5 heures et essayer de le récupérer". Certains oiseaux nés en captivité, en effet, ne savent pas chasser. "Ça peut être compliqué, si on perd un vautour fauve dans la région de Rambouillet, il va avoir du mal à trouver des brebis mortes…", ajoute Romuald. Le fauconnier est attaché à ces rapaces, autant qu’eux sont attachés à leur fauconnier. "J’ai un petit aigle impérial, qui vole très bien, qui a un très bon rappel, mais avec moi. Avec d’autres il ne viendra pas spécialement", explique-t-il. 

Il y a également une femme aigle royal que Romuald fait chasser l’hiver. "Elle est assez imposante, et elle a beaucoup de caractère. J’ai peu de collègues qui veulent s’en occuper. Et en plus de ça, elle est assez possessive, elle me prend un peu pour son partenaire. Donc elle devient jalouse…", s’amuse le fauconnier. Quand on aime les rapaces depuis son enfance, comme Romuald de Romans, on peut y consacrer sa vie. "Très souvent ma femme me dit, 'mais tu pars de bonne heure !' Mais j’aime ce que je fais, donc j’y vais dès qu’il fait jour. C’est fascinant ces oiseaux, on a toujours à apprendre", conclut-il. 

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