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Fiscalité : en 2016, la baisse des impôts sera financée par la "danse de la pluie"

REPLAY - REPLAY / ÉDITO - François Hollande doit annoncer des baisses d'impôts de 2 milliards d'euros en 2016. Pour les financer, on va utiliser une méthode bien française : croiser les doigts en espérant le retour de la croissance.

François Lenglet
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Crédit : Damien Rigondeaud
Fiscalité : en 2016, la baisse des impôts sera financée par la "danse de la pluie"
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Fiscalité : en 2016, la baisse des impôts sera financée par la "danse de la pluie"
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Le gouvernement travaille sur une baisse d'impôts à venir. À qui cela va-t-il profiter ? La première possibilité est de consacrer une enveloppe de 2 à 3 milliards à des contribuables qui ont été particulièrement malmenés, comme les veuves et les veufs (leurs avantages ayant été progressivement supprimés). Le problème, c’est que cela ne se voit pas beaucoup. Or une baisse d’impôts, c’est fait pour se voir, surtout avant une élection présidentielle. L’autre option, plus visible, serait donc de relever la deuxième tranche du barème, de façon à prélever un peu moins.

Quelle que soit l’option, le gros de la baisse devrait toucher les contribuables qui payent entre 1.500 et 2.500 euros d’impôts par an. En gros, c’est un cadeau pour se réconcilier avec les enseignants, qui sont traditionnellement l’électorat socialiste, et qui ont pris dans la figure les hausses d’impôts décidées par Jean-Marc Ayrault, en 2012 et 2013. Cette baisse se veut un armistice fiscal avec la classe moyenne.
Cela interviendrait en septembre 2016, à l’occasion des impôts payés sur les revenus de 2015. François Hollande devrait préciser les contours de tout cela lundi prochain, lors de sa conférence de presse.

Pas de plan de vol fiscal

Problème : nous n'avons pas l’argent pour financer une baisse d’impôts. Il y avait bien une vague enveloppe qui avait été réservée lorsqu'on a décidé du programme d’économies. Mais elle a été largement entamée. Entre-temps, de nouvelles dépenses sont arrivées : les renforts pour l’armée à cause du terrorisme, 100.000 contrats aidés supplémentaires à cause du chômage persistant, l’aide aux producteurs de porcs...

On compte donc, une fois encore, sur les hypothétiques dividendes d'une croissance anémique. Et au besoin, on complétera en supprimant quelques niches fiscales, sur le crédit d’impôt recherche ou en faisant des économies sur les allocations logement.

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Toute baisse est bonne à prendre. Encore faut-il ne pas oublier que même après cette baisse, le solde sera d’une bonne vingtaine de milliards annuels supplémentaires pour les ménages. Ce qui est frappant, c’est l’extraordinaire improvisation du gouvernement en matière fiscale. Pas de plan de vol, pas de cohérence. On décide de hausses ou de baisses sur un coin de table, en fonction des nécessités politiques du moment, au risque de compliquer encore davantage un système inintelligible, et donc devenu inepte au plan économique et illégitime au plan politique.
Sur l’impôt sur le revenu, sur la fiscalité immobilière, sur les charges sociales des emplois à domicile, on a multiplié les allers-retours, faisant exactement le contraire de ce qu’on avait fait quelques mois plus tôt. On a transformé le système fiscal français en circuit d’entraînement pour inspecteurs des finances en formation.

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