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États-Unis : Miami saisie par la folie de la construction

ÉDITO - Miami (Floride) est la ville des États-Unis qui connaît la plus forte spéculation immobilière. Des investisseurs du monde entier déversent un torrent d'argent pour acheter un pied à terre.

François Lenglet
François Lenglet
Crédit : Damien Rigondeaud
Miamie, en Floride, saisie par la folie de la construction
03:46
François Lenglet

À Miami, la principale ville de l'État de Floride aux États-Unis, est le théâtre d'une spéculation immobilière sans précédent. C'est une frénésie, la ville est saisie par la fureur de la construction. Le long de l'océan, sur les terrains les plus prisés, des buildings flambant neuf alternent avec les grues métalliques qui sont en train d'édifier les prochains. Et les prix suivent la même dynamique que les immeubles : toujours plus haut, atteignant jusqu'à 10.000 euros le mètre carré, Miami est la ville américaine où la bulle immobilière s'est le plus gonflé. En quinze ans, l'immobilier a vu sa valeur multipliée par trois en moyenne, et encore bien davantage a proximité de Ocean Drive, l'artère principale, où se presse la foule de vacanciers, de fêtards bruyants, des surfeurs bodybuildés, et des créature court vêtues pour dire les choses sobrement.
Qu'est-ce qui explique cet engouement ? Le climat d'abord. Ici l'été ne s'arrête jamais et Miami est réputée pour son atmosphère de fête perpétuelle. La santé économique de cette ville, qui défie la gravité. L'argent du monde entier arrive pour investir, en particulier celui des sud-américains, les Brésiliens, qui ont colonisé la ville. Et même les Français se laissent désormais tenter. Après la crise des subprimes, les prix avaient perdu jusqu'à 50%, l'état de Floride est celui qui a connu alors le record de saisies immobilières aux États-Unis. De nombreuses familles ont été expulsées. Certains investisseurs ont donc fait de très bonnes affaires. D'autant que les prix ont rebondi depuis. Ils mettent aujourd'hui leurs propriétés en location, et profitent de l'incroyable liberté offerte aux propriétaires, qui peuvent augmenter leur loyer à leur gré, en fonction du marché. Ici, on fait de l'argent à l'américaine, sans remords et sans complexe.

Les habitants traditionnels relégués dans de lointaines banlieues

Bon nombre d'habitants ont profité de la bulle, ceux qui étaient propriétaires. Mais pour les autres, accédant ou bien simples locataires, c'est beaucoup plus dur. Je suis allé dimanche dans le quartier en pleine rénovation d'Overtown, un quartier noir, et j'ai rencontré un pasteur, le révérend Adams, avec ses ouailles. Entre deux chants Gospel, le pasteur un géant de 54 ans à la voix puissante qui s'était installé au piano entouré de ses groupies, s'est écrié : notre quartier est assailli par la spéculation. Et c'est vrai que les promoteurs se déchaînent à Overtown, ils prennent possession des terrains et construisent des habitations qui ne sont plus accessibles, parce que trop chères. Les habitants traditionnels sont alors relégués dans de lointaines banlieues. Ils subissent la loi du marché.

Les prix ont encore grimpé de 8% sur les premiers mois de 2015, et la ville ne cesse de s'étendre. Un quartier du luxe est en construction, où le principal investisseur est un certain Bernard Arnault, le patron de Louis Vuitton. Une tour d'appartement prestigieux se termine un peu plus loin, on l'appelle la tour Porsche, parce qu'il s'y trouve un ascenseur pour faire grimper son coupé ou sa berline et la garer dans son appartement. Mais depuis peu, les connaisseurs du marché notent la réapparition d'une pratique inquiétante, ce qu'on appelle ici le flipping, c'est à dire la revente rapide, non pas des logements eux-mêmes, mais des promesses de vente, de façon à profiter d'une plus-value en quelques semaine seulement. 10 à 15 % des transactions dans la ville seraient aujourd'hui à mettre sur le compte du flipping, et c'est toujours un signe de surchauffe qui précède la correction.

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