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EDF face à une nouvelle réalité économique

ÉDITO - EDF, qui vit son premier grand plan social, va supprimer 6% de ses effectifs d’ici 2019. C'est un changement de régime pour l'électricien.

Des casques de protection avec le logo EDF
Des casques de protection avec le logo EDF
Crédit : SIPA
EDF face à une nouvelle réalité économique
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EDF face à une nouvelle réalité économique
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Loïc Farge
Loïc Farge

C'est un choc pour une société qui, jusqu'ici, a été préservée des crises par son statut et le pouvoir de blocage de ses syndicats. Ce plan de réduction de postes (sans licenciements, il faut le préciser) n’est en réalité que le troisième temps d’une valse dont le tempo est de plus en plus haché depuis quinze ans. Après l’époque des grands chantiers et des projets en France et à l’international, qui n'ont pas toujours été maîtrisés, puis celui des premières difficultés financières et de la fuite en avant, on ouvre la partition toujours sensible du social. EDF, qui compte 68.460 salariés, va supprimer 5.900 postes en quatre ans.
Ce plan est plus lourd que celui annoncé par l’entreprise l’an dernier. Trois facteurs essentiels. D'abord, le nouveau président Jean-Bernard Lévy n’avait pas pris la mesure de l’héritage. Entre 2011 et 2016, EDF a recruté - parfois pour acheter la paix sociale - 20.000 personnes. Elle va d’ailleurs encore embaucher 1.500 personnes cette année, et 1.000 supplémentaires en 2018. Ce sont essentiellement des ingénieurs et des informaticiens pour accompagner sa modernisation.

Le deuxième facteur, c’est la situation économique, technique, financière de l’entreprise. EDF est surendettée (plus de 50 milliards). Ses performances techniques se sont amoindries. On le constate avec les difficultés de l'EPR de Flamanville, comme avec le taux d’usage effectif de ses 58 réacteurs. Son horizon financier très chargé : notre électricien doit investir lourdement pour sécuriser le parc existant et lancer les deux EPR vendus aux Britanniques.

Un bastion du syndicalisme raide

Pour compliquer l’équation, son environnement est chamboulé. La consommation d’électricité baisse partout. Les prix reculent, sous la pression d’une concurrence accrue et d’une activité économique en faible croissance.

EDF reste un bastion du syndicalisme raide. Un baroud d’honneur pourrait être perturbant, dommageable mais sans impact déterminant. L'opinion publique est moins tolérante vis-à-vis d’une entreprise dont la présence et la qualité de service ont beaucoup évolué ces dernières décennies.

À écouter aussi

La filialisation, et surtout la sous-traitance grande échelle, ont distendu les liens traditionnels avec les consommateurs. EDF est simplement rattrapée par la réalité.

La note du jour

13/20 à CCI de Paris. Elle a installé une plateforme de conseil, CCI Business, pour permettre aux PME d'accéder aux 20% de travaux qui leur sont réservés dans les chantiers du métro du Grand Paris.

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