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Crise économique : vers le démantèlement du système d’aide exceptionnel ?

ÉDITO - Sortir du quoi qu’il en coûte : c’est l’intention affichée par Bruno Le Maire et Olivier Dussopt, les deux ministres en charge des finances de la France…

Bruno Le Maire et Olivier Dussopt
Bruno Le Maire et Olivier Dussopt
Crédit : Bertrand GUAY / AFP
Crise économique : vers le démantèlement du système d'aide exceptionnel ?
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Crise économique : vers le démantèlement du système d'aide exceptionnel ?
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François Lenglet - édité par Charline Vergne

Nos deux ministres de Bercy ont donné une interview conjointe aux Échos, affichant leur souhait de démanteler le système d’aide exceptionnel mis en place pour compenser la crise économique causée par le virus. Je dis bien afficher. Car quand on décolle l’affiche, on voit tout autre chose. 15 milliards d'euros de dépenses supplémentaires vont être proposés au vote des élus de la Nation, qui s’ajoutent à une rallonge de plus de 7 milliards décidée il y a quelques jours. 

Sur le seul mois de mai, 22 milliards, un point de PIB ou presque, ont donc été engagés pour 2021… Ce qui porte la dépense Covid-19 pour cette année à près de 45 milliards, soit presque autant qu’en 2020. Sans compter, bien sûr, le déficit de la sécu, qui s’évalue en dizaine de milliards aussi, ou encore le coût des prêts garantis par l’État...

À combien le coût de cette crise peut-il être évalué ?

Il y a peu, Olivier Dussopt avait estimé le coût de cette crise à 424 milliards sur trois ans. C’est une évaluation qui sera probablement revue à la hausse. Bon, ce sont quand même des dépenses exceptionnelles…Cela n’est vrai que pour une part d’entre elles. Car dans le flot du Covid-19, passent des dépenses qui sont tout sauf exceptionnelles. 

Rien que sur les derniers jours, petit récapitulatif. 700 millions d’augmentation de salaire pour les profs. Le pass culture, qui attribue à chaque jeune de 18 ans, 300 euros de crédit à dépenser en livres ou en musique. Le pass sport, même idée. Le plan Avenir Montagne, 650 millions. Les aides à l’hébergement d’urgence, 700 millions. Sous peu, un RSA jeune, destiné aux 18-25 ans, qui devrait coûter au bas mot un milliard et demi. Et bientôt, un nouveau plan d’investissement. 

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Je ne dis pas que certaines de ces dépenses n’étaient pas nécessaires, mais c’est leur accumulation, sur fond de budget très dégradé, qui pose problème. Car rien de tout cela n’est financé. Pas plus que les baisses d’impôts pour les entreprises, qui proviennent de ressources exceptionnelles : celles du plan de relance. Et on peut craindre, à un an d’une élection présidentielle, que la série ne fasse que commencer...

Toujours le cas en période électorale ?

Est-ce que cela n’est pas toujours le cas en période électorale ? On a changé d’ordre de grandeur. C’est la même chose, mais avec un zéro de plus et j’exagère à peine. Mais nous ne sommes pas les seuls dans cette fuite en avant ? C’est vrai, jusqu’ici. Mais ça ne durera pas. Déjà, aux États-Unis et au Royaume-Uni, on projette d’augmenter les impôts pour financer en partie tout cela. En Allemagne, vous allez voir que les finances publiques seront rétablies rapidement. La France restera seule à croire que l’argent gratuit permet de dépenser sans compter. Le "Quoi qu’il en coûte" nous correspond tellement bien – et je ne parle pas seulement des dirigeants du pays – que nous allons le prolonger jusqu’à la dernière extrémité.

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