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Concurrence : l'Europe se déchaîne contre les multinationales américaines

REPLAY / ÉDITO - Amazon, Facebook, Uber, et maintenant Google, l'Europe s'attaque à ces compagnies américaines qui déstabilisent les acteurs traditionnels du secteur.

François Lenglet
François Lenglet
Crédit : Damien Rigondeaud
Concurrence : l'Europe se déchaîne contre les multinationales américaines
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François Lenglet

L'Europe se déchaîne contre les multinationales américaines. Dernière victime en date, le moteur de recherche Google. La Commission s'en prend aujourd'hui à Google, au motif qu'il favoriserait ses propres sites, dans les résultats de recherche qu'il propose à l'internaute.

En clair, les recherches que nous faisons sur Google seraient biaisées, en fonction de l'intérêt commercial de la firme américaine. Il y a eu des plaintes diverses depuis plusieurs années - Bruxelles enquête depuis 2009 - et la nouvelle commissaire à la Concurrence danoise a décidé de poursuivre Google.

Mais ce n'est pas le seul cas d'animosité transatlantique. La France, l'Allemagne et la Commission multiplient les attaques contre les multinationales américaines. Contre Amazon, accusé d'hégémonie vis-à-vis des libraires et des éditeurs. Contre Facebook, accusé de nous surveiller à notre insu. Contre Apple, Starbuck ou MacDo, à qui l'on reproche leur optimisation fiscale. Contre le site de réservation hôtelière Booking.com, critiqué pour son attitude léonine face aux établissements proposant des chambres. Contre Uber enfin, le site de voiturage qui fait  concurrence aux taxis.

La plupart de ces sociétés ont une part de marché écrasante qu'elles ont, du reste, obtenu parce qu'elles sont efficaces ou peu chères. Du coup, cela déstabilise les acteurs traditionnels du secteur, qui voient leur business ou leurs marges s'effondrer. Les libraires souffrent face à Amazon, par exemple, tout comme les artisans-taxi face à Uber.

L'Europe a certains moyens pour contrer l'offensive de ces "barbares" de l'internet

François Lenglet
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Derrière ce reproche, il y a un constat amer des Européens : les "majors" de la nouvelle économie, ce sont des sociétés américaines. Nous n'avons pas réussi à nous imposer sur cette scène stratégique, alors que ce secteur de l'économie ne connaît pas les distances, et qu'il nous était donc ouvert. La déstabilisation que les nouveaux venus occasionnent chez nous, sur nos activités traditionnelles, n'en est que plus pénible.

L'Europe a certains moyens pour contrer l'offensive de ces "barbares" de l'internet.  Le mois dernier, l'Allemagne a ainsi purement et simplement interdit UberPOP, le site pour mettre en relation un client et un chauffeur occasionnel, travaillant avec sa voiture privée. En cas de non respect de la loi, l'amende est de 250.000 euros - on ne rigole pas avec Taxi Deutschland, l'association des taxis allemand, qui poursuit l'américain sans relâche.

En France et aux Pays-Bas, les bureaux d'Uber ont été perquisitionnés par la police. Le paradoxe, c'est qu'Uber en appelle aujourd'hui à Bruxelles pour se plaindre, au nom du respect de la concurrence, des restrictions nationales qu'elle subit.

La Commission peut elle même diligenter des enquêtes et condamner les entreprises qu'elle juge déloyales. C'est le seul domaine dans lequel elle a un pouvoir propre. Cela n'a pas toujours été très efficace. Elle s'était ainsi lancée dans une offensive contre Microsoft, il y a quinze ans. Et si Microsoft a perdu de sa superbe, ce n'est pas grâce à Bruxelles, mais parce que l'entreprise s'est fait dépasser par ses propres concurrents sur le terrain.
 
À ce sujet, Barack Obama, le président des Etats-Unis, s'est exprimé dans une interview récente : "L'internet, c'est nous", disait-il. "Nos entreprises l'ont créé, développé et perfectionné", et du coup les Européens ne peuvent pas suivre. "Et souvent, ajoutait-il, leurs protestations enflammées au nom de la liberté ne font que dissimuler leurs intérêts commerciaux".

C'est sévère, mais ce n'est pas complètement faux. Après tout, la meilleure façon de lutter contre la domination de Google, ce serait qu'il y ait un Google européen

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