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Comment l'économie collaborative est devenue un secteur marchand très lucratif

ÉDITO - Consommateurs très exigeants, multinationales cotées en bourse... Dans les faits, l'idéal de l'économie du partage n'est pas atteint.

AirBnb (logo)
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Crédit : Lionel BONAVENTURE / AFP
Comment l'économie collaborative est devenue un secteur marchand très lucratif
03:50
L'économie collaborative, un secteur marchand et très lucratif
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Armelle Levy
Armelle Levy
Animateur

Co-voiturage, échanges de services entre particuliers, recyclage d'objets... L'économie collaborative est en plein essor, mais dans les faits, l'idéal de l'économie du partage n'est pas atteint. Airbnb, fleuron de l'économie collaborative, propose cinq millions d’annonces de logements dans le monde entier. Valorisée à 31 milliards de dollars, l'entreprise prévoit d’entrer en Bourse en 2019 ou 2020.

L’économie collaborative est ainsi devenue un secteur marchand et très lucratif. La plateforme d'hébergement est même pointée du doigt par les mairies, accusée de faire monter le prix des loyers. Airbnb fait même l’objet de mesures de rétorsion dans de nombreuses villes.

Quant aux utilisateurs des plateformes, ils sont devenus des clients. Ces derniers se sont mués en consommateurs très exigeants en matière de qualité de service. Ils sont par conséquent moins enclins à coopérer. Aujourd’hui, plus besoin de rencontrer le particulier qui vous loue la voiture.

Un intermédiaire s’occupe de vous donner les clés. Idem pour l’hébergement : vous ne rencontrez plus forcément la famille qui vous loue son appartement. En supprimant les rencontres, les plateformes suppriment le lien social, qui faisait l’essence même de l’économie du partage.

L’économie collaborative est encadrée et taxée

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Il y a également des effets pervers. Certains préfèrent louer la chambre d’amis qui servait avant, à accueillir les proches de passage de manière conviviale et désintéressée. D'autres vendent sur internet des biens qu’ils donnaient autrefois pour ce faire un peu d'argent.

Sous le nom "économie collaborative", on retombe dans la société de consommation classique. Et le législateur l’a bien compris : l’économie collaborative est désormais encadrée et taxée. Elle n’échappe pas à la fiscalité, pour limiter les distorsions de concurrence avec les entreprises classiques.

Les 276 plateformes recensées en France devront ainsi fournir au fisc les transactions de leurs utilisateurs d’ici 2020, sous peine d’amende de Bercy. Mais sachez que presque tout doit être déclaré au fisc, sauf l'argent tiré de la co-consommation. L'idée c'est de distinguer le revenu occasionnel, du revenu professionnel.

L’économie circulaire a le vent en poupe

Mais ces nouvelles pratiques sont tellement présentes qu'elles ont quand même fait évoluer la société. C'est le cas du covoiturage, qui a vu son utilité pendant les grèves du printemps ou l'échange d'outils de jardinage, de bricolage.le troc de livres, de jouets, ou de vêtements sur internet.

Selon une étude du Credoc, deux-tiers des Français se disent prêts à partager ou à prêter des objets qu’ils utilisent contre 54% il y a encore quatre ans. Donc l’entraide, la solidarité, le partage et le faire ensemble font partie de ce que les Français attendent d’une société idéale. Ils favorisent l’économie circulaire, avec la promesse de baisser la production, et donc de préserver les ressources naturelles.

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