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Chiner les bustes de Marianne dans "Maison, brocante, cuisine, jardin"

REPLAY - Au programme pour ce dimanche d'élection, les bustes de Marianne dans les brocantes ou encore des présidents à la main verte.

Les bustes de Marianne peuvent se trouver dans des brocantes
Les bustes de Marianne peuvent se trouver dans des brocantes
Crédit : DENIS CHARLET / AFP
Maison Jardin Cuisine Brocante du 07 mai 2017
12:11
Thierry Denis

Maison : la décoration de L’Élysée

L’Élysée est un bâtiment rempli d’histoire. Cet édifice a été construit entre 1718 et 1722 par l’architecte Armand Claude Mollet à la demande du comte d’Évreux. Avant de devenir résidence des présidents, ce fut un hôtel particulier habité, entre autres, par la Marquise de Pompadour. Le Général de Gaulle n’a jamais fait de changements décoratifs lors de son septennat à l’Élysée. Il avait même dit lors de son installation à son épouse Yvonne : "Nous voilà donc dans un meublé". Dans un meublé, on ne touche à rien sauf au lit qu’il remplacera par un lit de deux mètres dix, pour que ses pieds ne dépassent plus du sommier. Il a également payé la taxe d’habitation du palais de l’Élysée avec ses deniers personnels.

Les présidents ont décoré l'Elysée
Les présidents ont décoré l'Elysée
Crédit :

Le couple Pompidou a lui fait recouvrir les murs, le sol, le plafond et les portes d’un salon de rayures multicolores. Les deux époux avaient confié à l’artiste israélien Yaacov Agam, spécialiste de l’art cinétique, de décorer l’antichambre des appartements privés. Le salon sera recouvert de rayures multicolores : 900 nuances de couleurs qui changent quand on se déplace. C’était psychédélique. L’œuvre est habituellement exposée au centre Pompidou, mais pas en ce moment. Valery Giscard d'Estaing a fait réaliser des travaux en s’appuyant sur les archives pour retrouver les boiseries, corniches et dorures d’origines. Il souhaitait redonner au lieu son lustre d’antan. Il retirera également les faux plafonds installés par Pompidou. Pour François Mitterrand, Philippe Starck, 32 ans à l’époque, a réalisé la chambre de Danielle Mitterrand et Jean Michel Wilmotte a réalisé celle du président.

Jacques Chirac a lui été le premier président à véritablement vivre à l'Élysée. Bernadette Chirac transformera les combles de l’aile ouest en appartement privé avec le célèbre décorateur Alberto Pinto, dans le style Napoléon III. Nicolas Sarkozy n’a pas fait de grands changements mais des travaux de restauration et d’entretien : étanchéité du toit, des terrasses, moquettes, peintures ainsi que le ravalement de la façade sur rue. L’Élysée étant classé monument historique, la future présidente ou le futur président ne pourront pas forcément faire la décoration qu’ils souhaitent. Quand Pierre Paulin a redécoré le fumoir ou un salon, à la demande des Pompidou, il a créé un décor qui s’accrochait aux murs sans impact pour les murs d’origine. 

Le salon Agam, redécoré par les Pompidou
Le salon Agam, redécoré par les Pompidou
Crédit :

Brocante : chiner les bustes de Marianne

Une spécificité française perdure dans les mairies depuis plus de 200 ans et reste très recherchée par les collectionneurs : les bustes de Marianne. Mais ce ne sont pas les bustes officiels de la République. Chaque sculpteur est libre de représenter Marianne à sa façon, chaque maire est libre de choisir son modèle. Voilà qui ouvre de grandes perspectives de collections. Au dix-neuvième siècle, Marianne a fait l’objet d’une véritable dévotion populaire. On trouvait dans le commerce plein de petits bustes en bronze ou en plâtre que les fervents républicains installaient chez eux, un peu comme le crucifix dans les foyers catholiques. Cette production à usage domestique a totalement disparu aujourd'hui mais se trouve encore facilement dans les brocantes.

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La coutume d’installer un buste de Marianne dans les mairies remonte aux premières années de la Troisième République, en 1870 précisément, date à laquelle le président de l’époque, Adolphe Thiers interdit la représentation du bonnet révolutionnaire, considéré comme un "emblème séditieux". C’est la raison pour laquelle les bustes de 1870 à 1879 sont simplement coiffés d’une couronne végétale. Leur rareté et leur ancienneté en font des pièces très recherchées.

Depuis, il y a des célébrités qui incarnent les Marianne. On peut distinguer deux époques dans leur production. Avant le vingtième siècle, les bustes de Marianne étaient créés en se servant de modèles anonymes. Mais en 1969, Brigitte Bardot devient la première célébrité à lui prêter ses traits. Puis ce sera Mireille Mathieu en 1978, Catherine Deneuve en 1985, Laetitia Casta en 2000 ou encore Sophie Marceau en 2012. Aujourd'hui encore, le buste le plus recherché reste celui de Brigitte Bardot sculpté par l’artiste Alain Aslan. Un buste en plâtre d’Aslan d’une hauteur de 30 cm est estimé entre 20 et 30 euros, mais se négocie souvent au double de ce prix.

Pour aller plus loin dans la découverte des Marianne, l’ouvrage de Maurice Agulhon et Pierre Bonte, grand collectionneur de Marianne est à lire absolument : Marianne : Les visages de la République aux Éditions Gallimard. Une partie de la collection de Pierre Bonte est d’ailleurs aujourd'hui visible en exposition au Palais du Luxembourg à Paris.

Cuisine : mauvais temps pour les vignerons

Ce second tour est l’occasion parfaite pour reparler un peu d’écologie et de climat. L’information n’a sûrement pas échappé aux amoureux du vin, de la vigne et des vignerons. À travers tout le pays, y compris dans des régions plutôt ensoleillées voire chaudes, des centaines d’hectares ont été littéralement ravagés par le gel. Quelques nuits à moins quatre degrés ou moins cinq degrés ont suffi à ces vignerons pour voir le travail d’une année entière réduit à néant. Philippe Bornard, vigneron à Pupillin dans le Jura, est à la tête de huit hectares. Il produit une vingtaine de cuvées qui se vendent dans le monde entier. Cette année, Bornard a perdu 95% de sa récolte. Dans la Loire, Nicolas Réau, un autre vigneron de talent, qui a lui perdu 85% de sa récolte. La Loire avait déjà été touchée l’an dernier par un terrible épisode de grêle. Deux ans de suite, deux années de phénomènes climatiques qui interpellent. 

Mais d’autres régions sont touchées. En Languedoc, dans le Roussillon, dans le Bordelais, ici ou là en Bourgogne, dans le pays nantais, aucune des grandes régions n’ont vraiment été épargnées. Les vignerons disent n’avoir pas vu ça depuis dix ou quinze ans et s’interrogent sur cette évolution folle du climat. Si on veut continuer à boire et à bien boire en France, on ne peut pas, on ne peut plus faire les autruches. Le climat est un enjeu politique majeur des décennies à venir : ça fait peut-être, aussi, partie des choses auxquelles il faut penser quand on glisse son bulletin dans l’urne.

Jardin : les présidents ont-ils la main verte ?

La plupart des présidents (ou plutôt leurs épouses) ont été de bons jardiniers. Le Général de Gaulle était un fin connaisseur. En 1960, lors d’un dîner officiel à Vire, dans le Calvados, il laisse pantois un aréopage de hauts fonctionnaires en parlant des différentes méthodes de semis de carottes avec Madame la sous-préfète. Au dessert, tous deux s’accordent sur les mérites de la carotte nantaise. Madame de Gaulle, elle, était amoureuse des roses thés, comme la jaune Ophélia ou l’écarlate Piccadilly. Elle a remis en état la roseraie de l’Élysée, créée en 1913 par le président Poincaré. Ses bouquets de table font l’admiration de tous. 

Fans d’art contemporain, les Pompidou ont, eux, une approche plus moderne du jardin. Claude Pompidou aime les fleurs simples. Finie la roseraie qu’ils jugent surannée. La célèbre pelouse en forme de vallée de l’Élysée est remodelée, asséchant ainsi le petit étang qui était un nid à moustiques. L’épouse de Valérie Giscard d'Estaing, Anémone, est quant à elle une jardinière quatre étoiles, bien connue des pépiniéristes qui respectent ses compétences et apprécient sa simplicité. Un tourbillon de fleurs étonnantes règne avec elle dans le jardin de l’Élysée.

François Mitterrand de son côté, était surtout l’homme des chênes et des hêtres des forêts du Morvan. Le jardin de l’Élysée est donc à nouveau remanié, privilégiant non les fleurs mais les arbres, les arbustes et les couleurs des feuillages. Le président Jacques Chirac était lui davantage passionné d’arts premiers que de jardinage. En revanche Bernadette et Claude Chirac adorent les fleurs, notamment les cosmos blancs et les vivaces souples et naturelles. Une nouvelle roseraie est créée, avec le retour des roses thés et l’arrivée du rosier blanc Iceberg que je recommande à tous. Nicolas Sarkozy a alors pris la suite. Si on ne l’imagine pas jardinier au premier abord, il a pourtant travaillé pendant ses années d’étudiants pour la pépinière Truffaut et connaît même le nom latin de bien des plantes. C’est lui qui ouvre pour la première fois le jardin au grand public.

François Hollande a ensuite pris la relève. Une vidéo amusante le montre en train de planter un chêne dans le jardin de l’Élysée. Le moins que l’on puisse dire c’est que son maniement des outils de jardinage laisse à désirer. Avec l’aide de son remarquable chef jardinier Yannick Cadet, il fait toutefois évoluer le jardin, dans l’esprit du temps, avec le zéro-pesticide de synthèse et l’implantation d’une ruche. Il n’y a plus qu’à espérer pour les deux candidats, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, que Saint Fiacre les inspire.

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