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Areva n'est toujours pas à l'abri de la noyade

ÉDITO - La Commission européenne a autorisé l’organisation par l'État d’un plan de sauvetage d’Areva. Une simple bouffée d'oxygène pour le spécialiste français du nucléaire.

Le siège d'Areva à La Défense à Paris
Le siège d'Areva à La Défense à Paris
Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Christian Menanteau : Areva n'est toujours pas à l'abri de la noyade
03:16
Areva n'est toujours pas à l'abri de la noyade
03:21
Loïc Farge
Loïc Farge

Areva a obtenu mardi 10 janvier l'aval de principe de Bruxelles à son plan de sauvetage. Ce qui est certain, c’est que l'ancien numéro un mondial du nucléaire, qui était il y a quelques années encore la référence de cette industrie, va disposer d’une bouée de sauvetage de 5 milliards d'euros lancé par les contribuables. C'est son dernier radeau de secours : l'entreprise, qui fait face à une dette de 7 milliards d'euros, est plus proche aujourd'hui de la faillite que du titre d'entreprise de l'année.

Mais si l'opération est vitale, elle ne signifie pas pour autant qu'elle est à l’abri de la noyade. Les problèmes qui l’ont fait plonger n'ont pas disparu. Elle reste soumise à un environnement sectoriel qui est traumatisé par la catastrophe de Fukushima. Les commandes de centrales sont plus que rares. Elle supporte de plus le poids de mauvais investissements. Les ratés industriels de l’EPR finlandais risquent de lui coûter quelques milliards supplémentaires.

Areva cède ses bijoux de famille

Il lui faudra un peu plus que cette aide de l’État pour s'en sortir. Il va lui falloir, en effet, céder ses bijoux de familles. L’essentiel de ses activités historiques sont à la vente : sa division réacteurs nucléaires, la fierté maison, pourraient être vendue à EDF. La propulsion navale militaire, les éoliennes en mer et d’autres pépites technologiques vont suivre. Une grande braderie qui va diviser par deux la taille de l’ancien champion du monde. Avec à la clé des suppressions d’emplois massives : 6.000 postes, dont 4.000 en France, ont déjà été détruits. Et ce ne sont malheureusement pas les dernières restructurations prévisibles.

À la fin, il restera de ce fleuron industriel une activité centrée autour de la gestion du cycle du combustible nucléaire (de la mine d’uranium au retraitement). Le colosse va se transformer en bonsaï. Une taille réduite, mais suffisante pour s’en sortir ? C’est le pari de la nouvelle direction et du ministère de tutelle, qui contrôle 87% de l’entreprise.

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Mais avant d’être définitif, ce sauvetage devra encore surmonter deux obstacles : obtenir le feu vert de l’Autorité de sûreté nucléaire sur la qualité de la cuve de l’EPR, et l’accord définitif d’EDF pour le rachat de la division réacteurs. Cette filiale traîne 6.000 dossiers en examen pour irrégularités potentielles. L’ancien fleuron a son gilet de sauvetage. Il n'est pas encore hors d’eau.

La note du jour

03/20 aux élections syndicales dans les TPE. À trois jours de la clôture du scrutin, le taux de participation atteint un misérable 5%. Ni les organisations syndicales et patronales, ni le ministère du Travail n'ont su mobiliser les 4,5 millions de salariés concernés.

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