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Alstom, ou la déconfiture de l'emploi industriel en France

ÉDITO - Fragilisé par une baisse des commandes en France, le constructeur ferroviaire a annoncé l'arrêt de sa production de trains à Belfort d'ici à 2018.

Christian Menanteau
Christian Menanteau
Crédit : Romain Boé / SIPA / RTL
Pourquoi Alstom va stopper sa production de trains à Belfort
03:19
Alstom, ou la déconfiture de l'emploi industriel en France
03:26
Loïc Farge
Journaliste

Alstom va donc stopper sa production de trains à Belfort. C'est un coup de massue pour ce site. En cause : la chute programmée de 30% de la charge de travail. Le carnet de commandes est vide : il ne reste que quelques locomotives à fabriquer pour l’Azerbaïdjan et la Suisse. Il y a une symbolique très forte dans ce dossier : la première locomotive à vapeur est sortie de ces ateliers en 1880. Et 140 ans plus tard, c’est aussi le reflet d’un situation plus large : celle très dégradée de l’industrie nationale.

Les chiffres des quinze dernières années nous disent tout. Ils sont cinglants. La part de l’industrie s’est réduite de 20 à 12% dans la production de richesse tricolore. Elle est de 23% en Allemagne. Ensuite, la production industrielle a reculé en volume. Elle est toujours inférieure de 11% par rapport à son niveau d’avant la crise financière. Enfin, la profitabilité globale de l’ensemble des activités industrielles a reculé de 70%. Les petits signes d’amélioration du taux de marge ou du coût du travail qui est repassé sous celui des Allemands ne suffisent pas. Le mal est profond.

L'absence d’investissements, faiblesse majeure

Les raisons de cette faiblesse sont nombreuses. Mais l'absence d’investissements tient un rôle majeur. C'est la conséquence directe d’une demande très faible en France - la SNCF qui n’achète plus de train pour le cas Alstom - et d'une compétitivité très insuffisante du "made in France" quand il faut attaquer les marchés internationaux. Ce couplet est ressassé, et on finit par ne plus l’entendre.

Mais là encore, il faut cerner l’ampleur des dégâts avec quelques chiffres. Prenons l’âge de notre parc industriel. Il est vieux : dix-neuf ans de moyenne d'âge. Pis encore, nous n’avons que très peu de machines qui incorporent les dernières technologies. Depuis 2000, le nombre de machines dites du XXIème siècle a chuté de 10.000 en France quand il a augmenté de 100.000 en Allemagne.

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La facture sociale est terrible : en deux quinquennats, l’industrie a officiellement perdu 330.000 postes de travail. Beaucoup plus dans la réalité : car 100 postes dans une entreprise industrielle compétitive génèrent autour d’elle 60 emplois dans les métiers de services. Vous voyez qu’il y a urgence à freiner notre dégringolade industrielle.

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