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Air France : l'État monte au capital pour peser en AG

L'État achète 1,7% du capital du groupe, afin d'imposer les droits de vote double pour les actionnaires fidèles.

Michel Sapin et Emmanuel Macron le 22 avril 2015 à l'Élysée
Michel Sapin et Emmanuel Macron le 22 avril 2015 à l'Élysée Crédit : MIGUEL MEDINA / AFP
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et AFP

Le coup de force a payé chez Renault, donc Bercy recommence avec Air France-KLMUne semaine après avoir remporté son bras de fer avec le constructeur automobile, l'État s'attaque désormais à la compagnie aérienne en achetant 1,7% de son capital. Objectif : y imposer les droits de vote double pour les actionnaires fidèles lors de la prochaine AG. 

L'information est tombée avant l'ouverture des marchés ce vendredi 8 mai. Le ministre des Finances Michel Sapin et celui de l'Économie Emmanuel Macron ont annoncé que l'État, qui détient 15,88% du capital d'Air France-KLM, achetait 5,1 millions d'actions supplémentaires, soit 1,7% du capital.

Bras de fer gagné contre Renault

La stratégie est identique à celle appliquée au constructeur automobile Renault. Les pouvoirs publics avaient annoncé le 8 avril un rachat d'actions pour un montant fixé entre 814 millions et 1,232 milliard d'euros, qui faisait monter sa participation dans le capital de 15 à 19,74%. 

Dans le cas d'Air France-KLM, dont il détient 15,8% du capital, l'effort financier de l'État est moins important, puisqu'il débourse "entre 33,15 millions d’euros et 45,9 millions d'euros" pour augmenter sa participation, selon le communiqué commun de Michel Sapin et Emmanuel Macron. 

Faire barrage à Air France-KLM

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Cette augmentation de la participation devrait toutefois lui permettre de faire barrage à une résolution à l'agenda de la prochaine assemblée générale des actionnaires, prévue le 21 mai, qui s'oppose aux droits de vote double. 

Air France-KLM a introduit cette résolution pour laisser le choix à ses actionnaires, tout en indiquant sa préférence, mais sans donner de consigne de vote.

Plus de 5 millions d'actions

Les ministres rappellent que la "loi Florange" du 29 mars 2014 prévoit que les actionnaires qui conservent leurs titres pendant au moins deux ans sont récompensés par l'octroi de droits de vote doubles, sauf si une décision contraire est adoptée par l'assemblée générale des actionnaires. 

"Dans un contexte où une résolution s'opposant à leur introduction sera soumise au vote des actionnaires d'Air France-KLM lors de la prochaine assemblée générale de l'entreprise, prévue le 21 mai, l'État, qui détient 15,88% du capital d'Air France-KLM, a souhaité se donner les moyens de soutenir l'adoption des droits de vote doubles par Air France-KLM", précise le texte. 

L'État s'est ainsi porté acquéreur "d'un maximum de 5.100.000 de titres Air France-KLM", représentant 1,7% du capital.

Tous les actionnaires de Renault pas convaincus

De source proche de la compagnie aérienne, on observe toutefois que "l'État n'avait pas besoin de monter au capital pour sécuriser ses droits de vote double".

Dans le cas de Renault, grâce à l'augmentation de sa participation, l'État avait bloqué l'approbation de la résolution rejetant les votes doubles, en empêchant son approbation par la majorité qualifiée des deux tiers des actionnaires lors de l'assemblée générale du 30 avril. Les détenteurs de titres n'ont voté qu'à 60,53% en faveur de la résolution.

Bataille avec Carlos Ghosn

Une victoire des pouvoirs publics saluée par Emmanuel Macron : "Je me félicite que l'assemblée générale ait rejeté à 40% cette résolution qui visait à déroger à une loi selon une philosophie qu'on ne partageait pas, c'est une bonne nouvelle cohérente avec notre volonté de défendre un capitalisme de long terme qui favorise les actionnaires qui sont durablement installés et qui accompagnent les entreprises dans les transitions". 

Ce vote mettait fin à la bataille que se livraient l'État et le groupe depuis début avril. Le PDG de Renault Carlos Ghosn s'était opposé avec force au dispositif des votes doubles.

La situation était en effet compliquée par la présence de Nissan. L'entreprise nippone, alliée de Renault depuis 1999 et elle aussi dirigée par Carlos Ghosn, contrôle 15% du capital de Renault, tandis que la firme française détient 43,4% de son partenaire. 

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