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2015, nouvelle année du chômage des seniors

REPLAY / ÉDITO - Le chômage des plus de 50 ans a doublé depuis cinq ans. Il atteint aujourd'hui 900.000 personnes en France.

François Lenglet
François Lenglet
Crédit : Damien Rigondeaud
2015, nouvelle année du chômage des seniors
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François Lenglet & Loïc Farge

Sur les 90.000 nouveaux sans-emploi de l'année 2015, 69.000 sont des chômeurs de plus de 50 ans. Le chômage des seniors a ainsi progressé de 8,4% sur un an, alors que celui des 25-49 ans s'est à peu près stabilisé, et que celui des jeunes (les moins de 25 ans) a même baissé. L'année 2015 est l'année du chômage des seniors. Une nouvelle année, devrions-nous dire. Car le chômage des seniors a doublé depuis cinq ans. Il atteint aujourd'hui 900.000 personnes en France.

Comment peut-on expliquer un tel bond ? C'est simplement la conséquence de la réforme des retraites de 2010, qui a retardé à 62 ans l'âge auquel on peut toucher sa pension au taux maximal. Du coup, les salariés "quinquagénaires plus" restent sur le marché du travail, soit en emploi lorsqu'ils le peuvent - c'est vrai que le taux d'activité des seniors a progressé depuis cette réforme - soit, lorsqu'ils ne le peuvent pas, au chômage, le temps d'accumuler les trimestres qui leur manquent. Ils se trouvent dans une sorte de pré-retraite qui ne dit pas son nom. On a interdit les préretraites parce que les entreprises s'en servaient pour se débarrasser de leurs seniors, qu'elles jugeaient trop coûteux, ou bien pas assez souples, ou pas assez bien formés. Mais du coup, elles contournent cette interdiction en les licenciant et en les mettant à Pôle emploi.

Le nombre de ruptures conventionnelles a littéralement explosé ces dernières années, en particulier pour les seniors

François Lenglet

Le licenciement est facilité par la fameuse rupture conventionnelle. Cette transaction individuelle permet de quitter l'entreprise sur un accord mutuel, avec des indemnités et en ayant droit au chômage. Tout cela peut aussi se faire avec l'accord du salarié, qui n'est pas mécontent de toucher un peu d'argent et d'avoir quelques années d'inactivité avant l'heure. À plus de 50 ans, on a en effet le droit à trois ans d'indemnités, à 70% du salaire net. Le nombre de ruptures conventionnelles a littéralement explosé ces dernières années, en particulier pour les seniors.

Les comptes de l'assurance-chômage peuvent difficilement supporter cela. Il y a aujourd'hui 4 à 5 milliards de déficits annuels, et une dette cumulée de 25 milliards. L'Unedic, qui gère l'assurance-chômage, est devenue le fonds de solidarité qui prend en charge la flexibilité "à la française", avec ces faux pré-retraités, les intermittents du spectacle et le régime spécifique des intérimaires. Les partenaires sociaux (syndicats et patronat) sont entrés en négociation pour établir de nouvelles règles d'indemnisation. Le comble, c'est qu'on nous parle aujourd'hui de dégressivité des allocations, pour redresser les comptes, alors qu'il ne serait pas plus bête de commencer par limiter les abus du système actuel.

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