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Vitesse à 30 km/h en ville : les arguments des pro et des anti

La liste des villes qui passent à la limitation de vitesse à 30 km/h s'allonge de jour en jour. Une injonction à lever le pied pour les automobilistes, mais aussi une éventuelle solution pour fluidifier le trafic et réduire le nombre d'accidents.

Signalisation annonçant un ralentisseur, un passage piéton et l'entrée dans une zone à 30 km/h.
Signalisation annonçant un ralentisseur, un passage piéton et l'entrée dans une zone à 30 km/h.
Crédit : JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
Lison Bourgeois

Paris, Lyon, Grenoble, Lille, Clermont-Ferrand et maintenant Bordeaux. Le nombre de villes françaises qui ont décidé de réduire la vitesse des automobilistes à 30 km/h dans leur centre ne cesse de s'alourdir. Derrière l'engouement des agglomérations pour la réduction de vitesse sur les routes se cachent plusieurs arguments. 

L'histoire de l'abaissement de la vitesse en centre-ville n'est pas nouvelle. C’est en 1990 que la signalisation de limitation à 30 km/h voit le jour pour la première fois en France, selon l’association Prévention Routière.  

Alors que la vitesse de 50 km/h constitue encore la norme de vitesse limitée en ville, la réduction à 30 km/h s'applique de plus en plus en ville. De nombreuses associations françaises soutiennent d'ailleurs l'Initiative citoyenne européenne pour la généralisation des 30 km/h comme vitesse de référence en ville, comme Ville 30. De multiples objectifs sont visés.

Pour diminuer le nombre de décès sur la route

Selon les propos du code de la route, un piéton a 95 % de chance de survie lors d’un choc à 30 km/h, contre 53 % à 50 km/h et seulement 20 % de chance de survie à 60 km/h. Un constat validé par exemple à Helsinki en Finlande, ville qui n’a plus enregistré de décès de piétons dans ses rues depuis 2019. Au Canada, la ville de Toronto estime que les accidents de la route ont diminué de 67 % depuis qu’elle a abaissé la vitesse.

Pour rééquilibrer l'espace public

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La limitation à 30 km/h permettrait aussi de mettre en avant les mobilités douces telles que les vélos et les transports en commun. Une étude du CEREMA réalisée à Grenoble 3 ans après la réduction de la limitation de la vitesse faisait d’ailleurs état de ce report modal avec des diminutions de 9 % des véhicules légers et de 20 % des poids lourds.

Un rapport du Commissariat général au développement durable (CGDD) validait d’ailleurs ce constat en 2018 en estimant que la baisse de vitesse à 30 km/h en ville pousserait, en moyenne, 1 personne sur 5 à abandonner la voiture pour un autre mode de transport.

Quels arguments pour les opposants ?

L'association "Rouler Libre" défend l'annulation complète des limitations de vitesse à 30 km/h. Pour son président, François Vallin, la limitation de vitesse à 30 km/h ne réduira pas le nombre de morts sur la route. S'il concède que le choc est moins dangereux à 30 km/h qu'à 50 km/h, François Vallin pointe du doigt le non-respect du code de la route

"Ce n'est pas une voiture qui roule à 50km/h qui représente un danger, ce sont les dépassements non autorisés ou le mauvais respect des priorités" analyse le président de "Rouler Libre" auprès de RTL.fr. L'association demande donc une table ronde pour réfléchir conjointement avec les acteurs locaux et les usagers de la route sur un réaménagement de la route. 

Née à Paris, l'association "Rouler Libre" a aujourd'hui une antenne à Nantes, en Normandie ainsi qu'à proximité d'Avignon. Selon le président François Vallin, il y a plus de 3.000 membres actifs sur tout l'hexagone. L'association organise une manifestation contre la limitation à 30 km/h le 2 octobre prochain à Paris. 

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