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Visite du pape à Cuba : le pays déjà submergé par les touristes

REPLAY - Le pape François se rendra à Cuba en fin de semaine. Un geste d'une ampleur sans précédent depuis l'arrivée au pouvoir des castristes sur l'île, où les hôtels affichent complet.

Rémi Sulmont
Rémi Sulmont
Visite du pape à Cuba : le pays déjà submergé par les touristes
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Loïc Farge
Loïc Farge

Les plus grands hôtels de La Havane n'ont plus de chambre jusqu'au printemps prochain. Le dégel entre Cuba et les États-Unis, en décembre dernier, a fait déferler une marée de touristes. Des Américains d'abord, des Français ensuite, qui ont tous la même phrase à la bouche : "On veut voir Cuba avant que ça change". Autrement dit : avant que l'île ne soit américanisé. Résultat : on ne sait plus où mettre les touristes.

Stéphane Ferrux, patron d'une agence de voyage depuis vingt ans à Cuba, refuse du monde. "Il n'y a plus de place, on n'arrive pas à suivre", concède-t-il. "Il n'y a pas assez d'hôtels, pas assez de bus, pas assez de voitures, bref pas assez de tout". À ses yeux, il est "impensable de pouvoir absorber autant de clients sans changer les infrastructures". Il ajoute : "Si on veut venir avant que ça change, on a encore cinq ans".
Cet engouement soudain pour Cuba fait sourire à La Havane. Car il y a peu de temps, "c'était pas bien" de faire du tourisme et cautionner le régime Castro. Maintenant on se précipite, déjà nostalgique, pour voir le monde des Castro en voie de disparition.

L'embargo de Washington toujours en vigueur

On pensait pourtant que les investisseurs américains avaient déjà envahi Cuba. "Le seul truc qui a changé", clame un entrepreneur à La Havane, "c'est le drapeau américain flotte sur la nouvelle ambassade". Il exagère un peu. L'accès à l'internet est plus facile. L'argent commence à se voir. Mais l'embargo de Washington n'a pas encore été levé. Les Américains n'ont pas le droit d'investir directement. Ce sont donc des Cubano-américains - eux, ils ont le droit - qui rachètent et rénovent des maisons dans le centre historique de La Havane.

Barack Obama n'a pas prévu de lever cet embargo. Il ne peut pas le faire avec le Congrès républicain actuel. Si l'embargo est levé, ce sera fait par son successeur. En attendant 2017, cet embargo ne bloque pas seulement les investisseurs américains. Exemple : Airbus, qui vend des appareils avec des pièces américaines dedans. Il est impossible aujourd'hui à l'entreprise de vendre un avion à Cuba sans violer l'embargo, ce qu'Airbus ne peut évidemment pas faire.

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En fait, les touristes se sont engouffrés dans des brèches à Cuba. "Les changements sont pour l'instant peu visibles, explique la chercheuse Jeannette Habel. Ils seront très importants mais très lents". Vous avez donc encore le temps d'aller voir Cuba "avant que ça change". À condition de trouver une chambre d'hôtel, bien sûr.

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