2 min de lecture Sécurité

Violence dans les prisons : "Nous subissons une politique angéliste envers les détenus"

INVITÉ RTL - Le secrétaire général adjoint du Syndicat national pénitenciaire-Force Ouvrière Yoan Karar revient sur l'agression de trois surveillants pénitentiaires à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) jeudi 11 janvier.

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Violence dans les prisons : "Nous subissons une politique angéliste envers les détenus" Crédit Image : Denis Charlet / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Stéphane Carpentier et Christelle Rebière

Des surveillants de prison ont refusé de prendre leur poste ce vendredi 12 janvier après l'agression de trois de leurs collègues par un détenu islamiste proche de Ben Laden jeudi 11 janvier à Vendin-le-Vieil.

Le directeur de l'établissement a affirmé qu'il n'y avait eu aucun dysfonctionnement et que le détenu ne présentait aucun signe d'agressivité. Cependant les surveillants ont mis en avant une toute autre version en affirmant qu'ils avaient prévenu leur hiérarchie d'une menace. Les agents pénitentiaires réclament le départ des personnes responsables.

"Ce qu'on caractérise comme un attentat s'est produit, et les collègues ont été touchés dans leur chair alors effectivement, nous demanderons des comptes", déclare Yoan Karar, secrétaire général adjoint du Syndicat national pénitenciaire-Force Ouvrière (SNP-FO). Selon lui, le détenu était considéré comme dangereux par les agents et cela avait été signalé. "Les surveillants ont vu, ont remarqué, ont rendu compte et n'ont pas été entendus", affirme-t-il 

"Il faut une prise en charge réelle de ce type de détenu"

Ce n'est pas la première agression dont sont victimes les surveillants, mais selon Yoan Karar, c'est toute une profession qu'il faut "remettre à plat". Le surveillant poursuit : "Nous sommes démunis parce que nous ne sommes pas entendus et nous n'avons pas de moyens de sécurité pour nous défendre par rapport à ce profil de détenu", déclare-t-il.

Dans le viseur des agents de surveillance : la levée des protections spéciales pour les surveillants au contact de ce détenu. Une décision "arbitraire" qui s'ajoute à des conditions de travail difficiles. "On est souvent voués à nous-mêmes (...). La plupart du temps, un surveillant est habillé de son uniforme, n'a pas d'arme ni de matraque. On a juste un sifflet pour avertir en cas de problème", témoigne Yoan Karar. 

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Selon le syndicat, c'est l'ensemble de la prise en charge des détenus qu'il faut revoir. "Depuis pas mal d'années, nous subissons une politique angéliste envers les détenus", affirme le surveillant en prenant l'exemple de Vendin-le-Vieil.

"La prison n'est pas surpeuplée, il y a du personnel, des douches en cellule, le mobilier est neuf, il y a de bonnes conditions d'incarcération (...). Il faut une prise en charge réelle de ce type de détenu dans une structure adaptée, hors de la détention".

Le syndicat SNP-FO demande à rencontrer la ministre de la Justice Nicole Belloubet "le plus rapidement possible pour exposer nos revendications". 

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