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VIDÉOS - Procès du Carlton : la semaine où DSK a été rattrapé par son passé

VIDÉOS - L'ancien président du FMI a du répondre d'accusation de proxénétisme aggravé devant le tribunal correctionnel de Lille. DSK a conservé son sang-froid et ne semble avoir émis aucun regret à la barre.

Dominique Strauss-Kahn à son arrivée au procès du Carlton, à Lille
Dominique Strauss-Kahn à son arrivée au procès du Carlton, à Lille
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Marie-Pierre Haddad

Après l'affaire du Sofitel de New York, Dominique Strauss-Kahn est rattrapé par le procès du Carlton de Lille. L'ancien patron du FMI s'est présenté devant les juges du tribunal correctionnel pour répondre de proxénétisme aggravé.

Il est accusé d'avoir été au cœur d'un réseau de prostitution mis en place par ses amis, dans le nord de la France. Dominique Strauss-Kahn se retrouve sur le banc des prévenus avec treize autres personnes dont Dodo la Saumure. Une fois l'instruction terminée, les juges ont estimé que le favori dans les sondages pour la présidentielle de 2012 ne pouvait pas ignorer que les femmes qu'on lui présentait lors de parties fines étaient des prostituées rémunérées.

Lundi : l'ouverture d'un procès attendu

Trois ans et demi après les premières fuites dans la presse sur son éventuelle implication dans cette affaire, l'ancien directeur du FMI sera jugé pendant deux jours. Il encourt 10 ans de prison et 1,5 million d'euros d'amende.

L'affaire a pris un tournant le 16 octobre 2011. DSK a souhaité être entendu par les juges pour faire cesser les "insinuations malveillantes" qui avaient commencé à circuler au sujet de son rôle dans un réseau de recrutement de prostituées pour animer des soirées chaudes. Lors du procès, il sera directement confronté à ses accusatrices, en particulier à Jade, dont les témoignages sont nombreux depuis le début du procès.

Mardi : une arrivée médiatique

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L'arrivée de DSK était attendue à l'ouverture de procès du Carlton. Mais l'ancien président du FMI s'est surtout fait remarqué alors que trois femens, seins nus, sont montées sur la sa voiture, lors de son arrivée au tribunal. Les trois militantes ont rapidement ôté leurs hauts pour se retrouver torse nu, ont pris par surprise les quelques policiers en faction, lorsque l'une d'elle a escaladé le capot de la limousine allemande aux vitres fumées, les deux autres cernant la voiture.

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Alors que le prévenu se dit "heureux de pouvoir s'expliquer car à lire le dossier, on a l'impression d'une activité frénétique, lors de ces soirées. Il n'y avait pas cette activité débridée. Seulement quatre par an", Mounia, une ancienne prostituée, raconte : "J'ai montré des réticences, je n'acceptais pas cette pratique. C'est un rapport de force un peu brutal. Il ne s'est pas arrêté. J'ai beaucoup pleuré". Même si elle reconnaît n'avoir touché aucun argent de la part de l'ancien patron du FMI, elle n'a aucun doute que le fait que DSK savait qu'elle était une prostituée. 

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Ensuite, DSK va donner sa version du libertinage. "J'aime la fête avant, après et pendant les rapports sexuels. Avec une prostituée, il n'y a pas d'avant et pas d'après", explique-t-il, ce sont des hommes seuls, des femmes seules, des couples, qui se réunissent pour le plaisir du sexe et pas pour des raisons affectives".

Mercredi : un procès entre morale et droit

Selon Pascal Praud, "ce procès nous éloigne de deux questions essentielles. D'abord : est-ce qu'un client est un proxénète ? Non". La deuxième question est de savoir si avoir un rapport avec une prostituée, est un viol tarifé. "Là encore, la réponse est non", explique le journaliste. Il note que "le viol commence quand l'acte n'est pas consenti. Avec une prostituée, il est consenti puisqu'il existe une contrepartie qui est financière".

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Mais pour lui, ces deux réponses juridiques ne sont "pas satisfaisantes quand on entend les us et coutumes des soirées du Carlton, avec l'homme qui n'aimait pas les femmes au point de les violenter". "C'est là que la morale entre en conflit avec le droit. Et ne comptez-pas sur moi pour trancher ce débat qui traverse nos sociétés depuis toujours", conclut-il.

À noter que la chute de DSK n'aura pas entraîné tout son clan avec lui. François Hollande et Martine Aubry vont récupérer sous leurs ailes. Certains de ses anciens soutiens, comme Pierre Moscovici qui entrera au gouvernement en tant que ministre de l'Économie et qui occupe actuellement le poste de commissaire européen. Même constat pour Jean-Marie Le Guen qui est aux Relations avec le Parlement et Jean-Christophe Cambadélis qui a pris la tête du Parti socialiste.

Jeudi : deux jours de procès et aucune réaction de DSK

Les deux jours de procès auront vu des témoignages se succéder et dévoiler toute la vie privée de DSK en détaillant ses pratiques sexuelles les plus extrêmes, son appétit sans limite pour le sexe. Mais tout cela ne semble avoir aucun impact sur l'attitude de l'ancien président du FMI, qui ne bronche pas et n'affiche aucun regret même quand il est appelé à la barre. 

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Selon Jean-Alphonse Richard, chef du service police-justice de RTL, aucune preuve n'est encore apparue de la culpabilité de Dominique Strauss-Kahn. Une situation qui pourrait changer ce 12 février, dernier jour d'audience pour DSK : les juges lillois en charge de l'affaire tenteront notamment de faire le jour sur la garçonnière parisienne de l'ancien maire de Sarcelles, un lieu qui aurait été utilisé pour des soirées avec des prostituées, et qui pourrait éventuellement valoir à DSK des poursuites pour proxénétisme hôtelier ou résidentiel

Vendredi : vers une possible relaxe de DSK

"C'est un véritable déballage de sa vie privée. Ses pratiques ont été abordées tout au long du procès", note-t-il. La preuve n'a pas pu être établie qu'il était un proxénète. Cependant, Jade déclare qu'elle a une fois confié à DSK, lors d'un voyage en Belgique, qu'elle était danseuse nue et qu'elle était rémunérée pour faire ce travail. Ainsi, "elle estime que l'ancien président du FMI ne pouvait pas ignorer qu'elle était une prostituée", ajoute Jean-Alphonse Richard. 

Dès mardi 17 février, "le procureur de la République va prendre ses réquisitions et demander la relaxe pour DSK. À partir de là, le tribunal devra statuer sur cette demande. Cela prendra deux ou trois mois. Au vue de l’absence de preuve, il y a de bonnes chances pour qu'il soit relaxé à la fin de toute cette affaire", conclut-il.

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