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VIDÉO - Le destin tragique du papillon Monarque

En un quart de siècle, la population américaine de l'insecte a diminué d'environ un milliard d'individus. Un signe terriblement inquiétant pour le futur de l'espèce.

Le destin tragique du papillon Monarque
Le destin tragique du papillon Monarque
Crédit : YURI CORTEZ / AFP
Paul Guyonnet
Paul Guyonnet

Dans le règne animal, la migration du papillon Monarque est un spectacle sans égal. Chaque année, à l'approche de l'automne, des dizaines de millions de spécimens se déplacent ensemble des États-Unis et du Canada en direction du Mexique, dans l'espoir de passer l'hiver sous des températures plus clémentes. Pendant les longs mois que dure le voyage, ces insectes orange et noir se reproduisent, pérennisant ainsi la survie de l'espèce.

Véritable phénomène scientifique, le Monarque américain est le seul de son espèce à migrer. Un comportement développé pendant des milliers d'années d'évolution et que les biologistes peinent encore à expliquer. Pendant la migration, au moins quatre générations de papillons se succèdent tout à tour, parvenant à chaque fois à retrouver leur route sans encombre.

Pesticides et déforestation

Pourtant, ce ballet somptueux est aujourd'hui mis en péril par l'activité humaine et principalement l'utilisation de pesticides. Selon l'organisme fédéral américain en charge de la protection de la faune, l'USFWS, la population de Monarques aurait même diminué de pratiquement un milliard d'individus en l'espace de 25 ans. 

Principaux incriminés : les habitants et agriculteurs des zones traversées lors de la migration et leur utilisation de produits chimiques dévastateurs pour l'environnement des insectes. De la même manière, fin août, des scientifiques mexicains regrettaient que des centaines de mètres carrés de champs visités par les papillons au cours de leur hibernation aient été rasés dans le cadre d'une déforestation illégale et intempestive. Participant d'une sécheresse de plus en plus marquée, ces activités contribuent largement à l'appauvrissement de l'écosystème dans lequel évoluent d'ordinaire les Monarques. 

Un "couloir sanitaire" pour protéger l'espèce

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Une situation préoccupante qui a poussé le président américain, Barack Obama, à ouvrir un "couloir sanitaire" pour permettre au majestueux insecte de voyager paisiblement. Car malgré leur propension à se reproduire très rapidement, les monarques sont loin d'être immunisés à une possible extinction. Depuis le début du XXIe siècles, les États-Unis ont par exemple vécu la disparition d'autres espèces très répandues, comme le Xerces bleu, auparavant implanté au Nord de la Californie, ou encore plusieurs espèces d'insectes volants de Floride.

Pour sauver le Monarque d'un avenir similaire, un plan national a donc été mis en place, avec la définition d'une ligne de près de 2.500 km le long de l'Interstate 35, qui relie le Minnesota (au Nord du pays) au Texas, sur laquelle les animaux seront protégés. Différents services d'État ont par exemple pour mission de réhabiliter l'habitat des animaux pour les pousser à emprunter les lieux lors de leur migration. 

Un insecte indispenseble et menacé

Plusieurs millions de dollars ont été investis, d'une part pour créer des lieux de pontes propices à la reproduction, et de l'autre pour favoriser la culture d'asclepias, la plante dont se nourrit le Monarque et grâce à laquelle il se reproduit. Les quidams comme les agriculteurs sont par exemple incités à planter ces fleurs. Et pour cause : l'enjeu de la protection de l'espèce va bien au-delà de sa simple survie. 

À la manière des abeilles, elles aussi en danger, les papillons Monarques participent à la pollinisation et donc à la reproduction de nombreux végétaux, arbres, fleurs et autres légumes consommés au quotidien. Si le plan américain décidé par l'administration Obama et établi de concert avec le Canada et le Mexique réussit, il prévoi de faire passer la population actuelle du Monarque d'une cinquantaine de millions d'individus à plus de 225 en 2020

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