3 min de lecture Attentats en France

VIDÉO - Fusillade à "Charlie Hebdo" : l'émotion de Jeannette Bougrab, la compagne de Charb

VIDÉO - Au lendemain de l'attaque, l'ancienne secrétaire d'État a livré une interview bouleversante à la télévision.

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Fusillade à "Charlie Hebdo" : l'émotion de Jeannette Bougrab, la compagne de Charb Crédit Image : BFMTV / RTL.fr | Durée : |
Paul Guyonnet
Paul Guyonnet
Journaliste RTL

"On a tué ce qu'il y avait de plus précieux dans ce pays". Ce mercredi 7 janvier restera comme une journée indiciblement douloureuse pour Jeannette Bougrab. Combattante de la laïcité, elle a vu ses frères d'armes être abattus, et perdu son compagnon, l'iconique directeur de Charlie Hebdo, Charb. 

L'ancienne secrétaire d'État a pourtant accepté de témoigner, dès le lendemain d'une attaque qui a fait douze morts. Elle a évoqué le sentiment d'un "immense gâchis" avant de dresser un constat terrible : "Il faut arrêter d’être langue de bois, aujourd'hui, en France, il y a des policiers et des gens qui dessinaient qui sont morts." 

"Mon compagnon est mort parce qu'il dessinait"

"Pour un documentaire, j’ai passé 17 jours au Pakistan, j’ai interviewé Malala, le chef des Talibans, je suis allée au nord du Kenya dans des camps où il y avait des Shebabs et il ne m’est rien arrivé. Aujourd’hui, en France, chez nous qui donnons des leçons à tout le monde, mon compagnon est mort. Parce qu’il dessinait dans un journal.

Sur BFM TV, Jeannette Bougrab a aussi raconté sa terrible journée, comment après avoir entendu parler de la fusillade, elle a envoyé "un SMS, deux SMS, trois SMS", sans jamais avoir de réponse de Charb. "En arrivant sur place, personne ne voulait dire qu’il avait été tué mais il était mort. Un de ses officiers de sécurité a été tué, il n'a pas eu le temps de sortir son arme." Après plusieurs heures à attendre devant le numéro 10 de la rue Nicolas Appert, elle sera finalement emmenée à l'Hôtel Dieu, "en état de choc". 

Stéphane [Charb] était un moine soldat, qui n’arrêtait jamais de défendre ses idées

Jeannette Bougrab
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"Il est mort debout. Il a été exécuté avec ses camarades, et il mérite le Panthéon !", a-t-elle clamé. "Tous ces dessinateurs en réalité méritent le Panthéon, une cérémonie comme celle que Malraux a pu faire pour Jean Moulin, parce qu'eux, ils se sont battus pour des principes et des libertés que nous avons oubliés de défendre. Ce sont des résistants."

Très engagée pour la laïcité, Jeannette Bougrab a ainsi rendu un vibrant hommage au combat de l'équipe de Charlie Hebdo, un journal à part dont la survie est désormais indispensable. "Il faut trouver des gens aussi pugnaces qu’eux", a-t-elle affirmé. "Stéphane [Charb] était un moine soldat, qui n’arrêtait jamais de travailler et de défendre ses idées. Si Charlie disparaissait demain, on assassinerait une nouvelle fois Stéphane, on assassinerait une nouvelle fois Cabu, on assassinerait une nouvelle fois Wolinski..." 

"Une guerre est déclarée"

"Charb était quelqu'un de très gai, qui s’était fait lui-même, qui avait commencé le dessin après avoir vu une BD de Cabu. Et il est mort avec Cabu", a raconté l'ancienne membre du gouvernement Fillon, avant de revenir sur la vie si particulière de son compagnon. "Il essayait de vivre normalement mais c’était évidemment très compliqué : il était constamment protégé." 

Au cours de son récit, Jeannette Bougrab donne aussi des nouvelles des survivants, de ceux “qui se battent pour que le journal paraissent mercredi”, d'autres qui ne continueront pas l’aventure Charlie, "parce qu’ils sont terrorisés, qu’ils savent bien qu’aujourd‘hui si vous avez un crayon on peut vous tuer." 

J’ai perdu l’être aimé, j’ai perdu mon amour, une partie de moi

Jeannette Bougrab
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Un constat terrible et un défi auxquels le législateur et les politiques doivent se confronter, pour Jeannette Bougrab. "Quand des individus passent de la vente de shit à l’intégrisme le plus radical qui soit, je veux que la République soit capable de les mettre en détention."

"J’ai perdu l’être aimé, j’ai perdu mon amour, une partie de moi. Alors savoir que ce sont de pauvres gamins perdus [qui sont responsables], je m’en moque totalement : ils ont tué, ils ont assassiné des gens à terre, un policier, une femme et ils continueront si on ne les arrête pas", a-t-elle lancée, déterminée. 

Et de conclure par une sentence terrible : "Je me demande si cette fois on arrivera à prendre la mesure de ce qui se passe en France, c'est-à-dire qu’une guerre est déclarée."

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