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Un maire interdit la reconstruction d'un abri pour migrants près de Calais

Le campement, constitué de cinq cabanes et situé près de l'autoroute menant à Calais, avait été détruit par un incendie en avril dernier.

Un camp de migrants dans la "Jungle" de Calais (photo d'illustration)
Un camp de migrants dans la "Jungle" de Calais (photo d'illustration)
Crédit : FRANCOIS LO PRESTI / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

La mesure va faire parler. Le maire d'une petite commune située à proximité de l'autoroute menant à Calais a pris un arrêté empêchant la reconstruction d'un abri utilisé par des migrants, qui était parti en fumée en avril. L'association Terre d'errance avait entrepris au mois de juillet la reconstruction de cette cahute excentrée, "juste un abri fait avec des palettes en bois et de la paille à l'intérieur, qui est exactement au même emplacement que le précédent" a indiqué l'une des co-présidentes de l'association.

Un changement de municipalité à l'origine de la décision

Le précédent maire du village de Norrent-Fontes, écologiste, avait avalisé la création de l'ancien abri constitué de cinq cabanes en placoplâtre pour accueillir les quelque 150 migrants présents sur la commune. Ceux-ci tentent de monter dans les poids lourds s'arrêtant sur une aire autoroutière proche avant de gagner l'Angleterre via le tunnel sous la Manche. Le nouvel élu de la commune, divers droite, a fait machine arrière en prenant un arrêté pour interrompre la reconstruction du camp détruit par un incendie dans cette bourgade de 1.000 habitants. "On s'attaque aux migrants et à une association qui leur vient en aide, c'est comme si on attaquait les Restos du coeur", déplore une militante de Terre d'errance, qui considère que "si on n'était pas là, il y aurait des épidémies, des intrusions dans les champs...".

La sous-préfecture soutient la mairie face à une "initiative illicite"

Bertrand Cocq, le maire actuel, explique qu'il ne fait qu'appliquer le règlement, pour des constructions situées dans "une zone non constructible". "La DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) est venue constater l'infraction", ajoute t-il. Ce site n'a aucune existence officielle, on est en plein champ, l'initiative prise par Terre d'errance est absolument illicite", martèle de son côté le sous-préfet de Béthune, Nicolas Honoré. Pour lui, "la petite commune de Norrent-Fontes n'a pas les moyens de prendre en charge des migrants : 150 migrants pour 1.000 habitants c'est 15% de la population, bien plus qu'à Calais", argumente t-il, soulignant que "c'est sur Calais que nous faisons les efforts nécessaires". Il y existe un centre d'accueil de jour pour les 3.000 migrants, mais dénoncé comme insuffisant par les associations.

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