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"Un coup d'épée dans l'eau" : le questionnaire sur les violences sexuelles dès la maternelle divise profs et parents

Le ministère de l'Éducation nationale veut intégrer des questions sur les violences sexuelles au questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire. Une mesure jugée utile par les syndicats et les parents, qui demandent surtout des moyens concrets pour assurer le suivi des signalements.

Une école vide (image d'illustration).

Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP

"Un coup d'épée dans l'eau" : le questionnaire sur les violences sexuelles dès la maternelle divise profs et parents

00:03:09

Jérémy Descours

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À une semaine de la rentrée scolaire, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé une nouvelle mesure pour mieux détecter les violences sexistes et sexuelles dont peuvent être victimes les élèves. Dès cette année, des questions sur ces violences seront intégrées au questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire, rempli par les élèves.

De la grande section de maternelle à la terminale, 10 millions d'élèves seront concernés. Le questionnaire sera dans un premier temps anonyme, mais les enfants pourront laisser leur nom s'ils souhaitent ensuite échanger avec un adulte de confiance. Le contenu des questions doit encore être élaboré avec des enseignants, des parents d'élèves et un comité d'experts, notamment des pédopsychiatres.

Une mesure qui pourrait permettre de faire émerger une réalité encore largement invisible. Le ministre de l'Éducation nationale estime que les résultats pourraient être "sismiques", rappelant qu'un enfant sur dix est victime de violences sexuelles en France.

Mais derrière cette annonce, une question se pose : que faire des réponses des enfants une fois qu'ils auront parlé ?

"On manque cruellement" de personnels pour accompagner les enfants

Le syndicat enseignant SE-Unsa salue le principe du questionnaire, mais s'interroge sur les moyens qui seront consacrés à son suivi. Élisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE-Unsa, alerte sur RTL sur le manque de professionnels dans les établissements scolaires. "Nous, ce qui nous inquiète au plus haut point, c'est la prise en charge de ces réponses. On manque cruellement d'infirmières scolaires, d'assistantes sociales, de médecins, de psychologues de l'éducation nationale. Et ce sont ces compétences-là dont on a besoin."

Même scepticisme du côté des parents d'élèves. Samira Dadache, membre du bureau national de la FCPE et du groupe de travail sur le harcèlement scolaire et les violences sexuelles faites aux enfants, estime que le questionnaire ne pourra être efficace que s'il s'accompagne d'un véritable dispositif de prise en charge. "Nous partageons tout à fait ce scepticisme. Nous manquons cruellement de personnel adapté, formé pour recueillir la parole des enfants. Et nous nous demandons : ces questionnaires, qu'est-ce que l'on va en faire ?".

"Pour nous, c'est un coup d'épée dans l'eau"

Pour la représentante de la FCPE, recueillir la parole d'un enfant ne peut être qu'une première étape. Il faut ensuite pouvoir l'accompagner rapidement. "Il faut quand même qu'il y ait des gens qui les traitent. Si la parole d'un enfant se libère, il va falloir l'accompagner et très vite. Or, si c'est complètement anonymisé, ce qui est bien, mais qu'il n'y a pas une prise en charge réelle, pour nous, c'est un coup d'épée dans l'eau", explique-t-elle au micro de RTL. 

Pour la FCPE, le principal enjeu sera donc de savoir ce qui est prévu après la collecte des réponses. L'association réclame un protocole clair et des personnels formés pour recueillir la parole des enfants. "Nous, ce que nous espérons, c'est qu'il y ait vraiment un protocole qui soit établi clairement, qu'il y ait des formations qui soient mises en place pour que des gens soient aptes à recueillir la parole d'un enfant et que l'on sache ce qu'il faut faire derrière. Parce qu'on a déjà le cas d'enfants qui signalent des actes de violences sexistes et sexuelles au sein des établissements, que ce soit de par leurs camarades ou de par des adultes qui sont face à eux et il ne se passe pas grand chose malheureusement".

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