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Un ancien de la Marine à l’assaut du décrochage scolaire

Le 29 juin, le collectif "Cap Jeunesse" va voir le jour pour mettre au travail les 150.000 jeunes qui chaque année sortent du système sans diplôme. À sa tête : Pierre-Louis Santos.

Des lycéennes en train de réviser leurs cours dans la cour de leur établissement
Des lycéennes en train de réviser leurs cours dans la cour de leur établissement
Crédit : SIPA
Quand un ancien de la Marine part à l'assaut du décrochage scolaire
03:18
Loïc Farge
Loïc Farge

Pierre-Louis Santos est un jeune retraité de 65 ans, mais il a l’énergie d’un jeune engagé volontaire. Il a passé dix-sept ans dans la Marine nationale. Il a navigué sur le porte-avions Clemenceau. Il a été instructeur à l'École navale. Puis il a travaillé en entreprise dans l’informatique, l’automobile, l’électricité ou le bois. 

Après ces vies multiples, il lui fallait un nouveau champ de bataille qu’il a vite identifié. Il y a chaque année 130 à 150.000 Français sur 800.000 qui sortent du système scolaire sans diplôme, qui abandonnent les bancs de l’école sans qualification. "Ces jeunes on ne peut pas les laisser sur la route. Ce problème met réellement notre patrie en danger", s’inquiète le capitaine de vaisseau Santos.

Voici donc notre militaire parti à l’abordage. Quel est donc son plan de bataille ? D'abord, compter sur ses propres forces. Car le gouvernement, "quel que qu’il soit" précise-t-il, aura toujours de trop petits moyens devant l’énormité du problème. Pierre-Louis Santos est persuadé que le collectif qu’il a réuni peut réussir là où l’État met trop de temps à agir, là où le monde politique échoue depuis des années.

Valoriser les initiatives existantes

"Je pense que les élus sont ce que nous sommes : il y a un moment où il faut dire les choses cash. Si on a élu les gens que l'on a élus et qui se comportent comme certains d'eux se comportent, je vous aurai dit on ne l'a pas volé. Mais il faut qu'on se prenne en main et qu'on refasse notre nation comme on a envie qu'elle soit", explique-t-il. "Si on a envie que ça change, c'est à nous de le faire. Il ne s'agit pas de faire une révolution. C'est à la société civile de montrer qu'on peut faire autrement", insiste-t-il.

Il est plein de bonne volonté chez le capitaine de vaisseau Santos. Mais il y a des centaines d’associations qui tentent de réinsérer les décrocheurs. L'idée n’est évidemment pas de remplacer ces associations. C’est d'abord de valoriser les initiatives qui marchent déjà. Pierre-Louis Santos, avec son collectif, sillonne les banlieues françaises pour fédérer les associations. Certaines ont des solutions qui fonctionnent au niveau local. Mais 500 mètres plus loin, personne ne le sait. "Cap Jeunesse" veut donc faire savoir ce qui marche pour donner à d’autres l’envie de faire pareil. L'idée est aussi de proposer de l'aide à l’association pour être plus efficaces.

"Fabriquer des Français dans l'emploi"

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D'un autre côté, le collectif va draguer les entreprises pour trouver des jobs aux décrocheurs. "Cap Jeunesse" signera bientôt un partenariat avec une grande marque de distribution qui recherche 6.000 jeunes par an, de la main d’œuvre non qualifiée. Le collectif avec ses associations va "fournir" aux entreprises des jeunes qui auront été préparés au monde du travail, à qui on aura donné les clés pour éviter d’échouer, qui auront été "recadrés".

"Recadrés" : comme à l’armée ? Il y a un peu de cela. "Cap Jeunesse" promet de "fabriquer des Français dans l’emploi". Ces jeunes décrocheurs finissent par détester leur pays parce qu’ils ne sentent pas "partie prenante". Leur dire que l’avenir de la France c’est eux aussi, "c’est essentiel", explique le sociologue Jean-Claude Félix-Tchicaya, qui a adhéré au collectif. Que des militaires leur disent, et interviennent là ou l’école et la famille ont échoués, "ça a du sens", dit le chercheur, qui se réjouit qu’un collectif vienne bousculer un monde associatif essoufflé.

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