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À Trélazé, près d’Angers, un couple contraint de "couper sa maison en deux" après une erreur de cadastre vieille de 30 ans

À Trélazé, près d’Angers (Maine-et-Loire), Didier et Maryline Gautier vont devoir démolir une partie de leur maison d’ici juillet. En cause : une erreur de cadastre remontant aux années 1990. Une dizaine de mètres carrés, où se trouvent aujourd’hui leur cuisine et leurs toilettes, appartiennent juridiquement au terrain voisin. Après une longue procédure judiciaire, le couple de retraités n’a plus le choix : ils doivent "couper leur maison en deux" pour se mettre en conformité avec la décision de justice.

À Trélazé, près d’Angers, un couple contraint de « couper sa maison en deux » après une erreur de cadastre vieille de 30 ans

Crédit : Mathieu Lopinot

À Trélazé, près d'Angers, un couple contraint de « couper sa maison en deux » après une erreur de cadastre vieille de 30 ans

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Mathieu Lopinot

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À Trélazé, dans la périphérie d’Angers, Didier et Maryline Gautier vivent dans leur maison depuis plus de quatre décennies. Une maison qu’ils ont façonnée eux-mêmes, pièce après pièce, au fil des années.

Tout commence en 1981. À l’époque, le couple a 18 ans, tout juste marié, achète une petite maison ancienne. Lui travaille comme plaquiste, elle est assistante maternelle. Peu à peu, ils entreprennent de la rénover entièrement.

"Nous avons tout refait au fil des ans : la maçonnerie, la plomberie, l’électricité…", raconte Didier Gautier. Le projet de toute une vie, où le couple élève ses quatre enfants. Mais au début des années 1990, la famille manque de place. Pour agrandir la maison, Didier et Maryline rachètent alors à leur voisine le bâtiment voisin, un ancien clapier à lapins, ainsi que le petit chemin qui longe la maison.

"Ça devait faire une dizaine de mètres carrés. L’idée, c’était de réunir les deux bâtiments pour en faire une seule maison", explique Didier. Quelques années plus tard, en 1994, le couple réalise une extension à l’emplacement de ce chemin. Le projet est validé par la mairie, qui délivre un permis de construire.

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Dans cette nouvelle partie de la maison, ils aménagent une cuisine et des toilettes. L’ancien clapier devient un salon.
Pendant plus de vingt ans, personne ne remet en cause ces travaux. La maison forme désormais un seul ensemble cohérent. La cuisine est même devenue le cœur de l’habitation. Jusqu’au jour où tout bascule...

Dix mètres carrés oubliés

En 2015, la voisine décède. Son terrain est racheté par un investisseur qui projette d’y construire des logements. En étudiant les limites de propriété, il découvre alors une anomalie : une petite partie de l’extension construite par les Gautier ne figure pas sur le cadastre. Selon le couple, l’erreur remonterait à l’époque de la division des parcelles. Le géomètre chargé de mesurer les terrains aurait simplement oublié d’intégrer les dix mètres carrés correspondant à l’ancien chemin. Résultat : juridiquement, cet espace appartient toujours à la parcelle voisine.

"Le géomètre a mesuré la maison, mais il n’a pas compté les dix mètres carrés où se trouve ma cuisine", explique Didier Gautier. Le problème, c’est que le géomètre en question est aujourd’hui décédé. Impossible donc de revenir sur cette erreur. Le nouveau propriétaire du terrain voisin réclame alors la restitution de cette partie de terrain. Une procédure judiciaire s’engage.

En décembre 2025, le tribunal judiciaire d’Angers tranche finalement le litige. La décision est claire : le couple doit démolir les constructions situées sur la parcelle voisine. Ils sont également condamnés à verser environ 17.000 euros pour les frais de justice et le préjudice.

"Je dois rendre ma cuisine"

Pour Didier et Maryline Gautier, la décision est difficile à accepter. "Vu qu’il a l’acte de propriété, il est propriétaire. Je ne peux rien faire", soupire Didier. Concrètement, les retraités doivent supprimer la cuisine et les toilettes construites dans les années 1990. Une démolition qui va littéralement couper leur maison en deux.

"On va être obligés de passer dehors pour aller dans le salon. On n’aura plus de cuisine, plus de toilettes", explique-t-il. Une démolition obligatoire avant juillet. Le couple dispose de six mois pour réaliser les travaux. D’ici juillet, la partie litigieuse devra être entièrement détruite. Faute de quoi une astreinte de 50 euros par jour de retard sera appliquée.

Pour Didier et Maryline Gautier, l’incompréhension reste totale. "Ce ne sont pas nos erreurs. Ce sont des erreurs administratives. Et aujourd’hui, c’est nous qui devons payer", regrette Didier. Après plus de quarante ans passés dans cette maison, le couple se prépare désormais à voir disparaître une partie de ce qu’ils ont construit… brique après brique.

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