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Terrorisme : pourquoi les familles de victimes ne veulent pas d'une médaille

ÉCLAIRAGE - Les familles de victimes d'attentats ne comprennent pas l'utilité de cette médaille et préféreraient avoir un soutien plus concret de la part de l'État.

Un mémorial pour les victimes de l'attentat à Nice, le 16 juillet 2016
Un mémorial pour les victimes de l'attentat à Nice, le 16 juillet 2016
Jean-Alphonse Richard & Julien Absalon

Elle n'existe pas encore mais attise déjà les critiques. En juillet dernier, le gouvernement a adopté par décret l'idée de décerner une médaille aux victimes du terrorisme en France. Cette décoration, qui représente une fleur à cinq pétales, séparées par des feuilles d'olivier, le tout suspendu à un ruban blanc, doit remplacer la Légion d'honneur à titre posthume qui est considérée comme non adaptée à un tel hommage. Malgré cette volonté d'offrir un nouveau symbole destiné à "manifester l'hommage de la Nation" à l'égard de ses enfants touchés par la barbarie, ce geste ne satisfait ni les familles ni les anciens combattants.

Du côté des familles de victimes, la médaille est considérée comme une simple "breloque", selon le terme employé par Georges Salines, président de l'Association du 13 novembre, dans les colonnes du Figaro. Stéphane Gicquel, secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (Fenvac), acquiesce. "Notre association été légèrement consultée. On a dit qu'on n'était pas favorables à cette mesure qu'on trouvait ni nécessaire ni légitime. La reconnaissance de la nation est importante, mais elle passe par autre chose que par une médaille", affirme-t-il sur RTL.

Une aide juridique plutôt qu'une médaille

Les victimes pointent notamment du doigt le paradoxe de la médaille, habituellement décernée pour récompenser une action dans la société. "Beaucoup de victimes nous disent : 'Moi je n'ai rien fait, j'ai subi un événement'. Ce ne sont pas des héros. Ils ont été victimes, ils n'ont pas eu de comportement héroïque. Ça brouille le message", souligne Stéphane Gicquel.

Plutôt que d'être "dans le symbole", beaucoup préféreraient plutôt obtenir davantage de soutien de l'État et d'efficacité dans le suivi des dossiers. "Quand on demande le CD du dossier d'instruction, il faut attendre deux ou trois mois parce que les juges ou les greffes n'ont pas forcément les moyens. C'est peut-être ça aussi la reconnaissance : permettre d'accéder au dossier d'enquête", considère Stéphane Gicquel qui aurait aimé aussi que François Hollande et Juliette Méadel, secrétaire d'État chargée de l'Aide aux victimes, accepte que "l'État prenne en charge une partie des frais d'avocat des familles". "Ça me paraît être un soutien plus concret de la part de l'État", estime le représentant de la Fenvac.

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Outre les familles, les anciens combattants s'offusquent également. La sénatrice Nathalie Goulet regrette que cette décoration passe dans le protocole avant le Croix-de-Guerre, remise aux combattants. Le tollé est donc déjà là, alors que pour le moment seul le dessin de cette médaille existe. Elle ne sera d'ailleurs frappée que dans les prochains mois.

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