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"Tant qu'on n'a pas une jambe cassée, on continue" : Addict au sport, il s'oblige à courir 5 marathons par semaine malgré des douleurs intenses

À 20 ans, Estéban est bigorexique. Le jeune homme s'oblige à courir malgré la douleur, sacrifiant sa vie sociale et son temps de sommeil. Sur RTL, il raconte comment le sport, d’abord sa passion, est devenue une obsession...

Esteban est atteint de bigorexie. Sur RTL, il explique la souffrance d'être addict au sport

Addict au sport, il court l'équivalent de 5 marathons par semaine

00:30:25

Alban Tardy

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"C'était ma passion. Aujourd'hui, ça ne l'est plus". Voici comment Estéban, 20 ans, résume son rapport au sport depuis qu'il est atteint de bigorexie. Cette addiction, qui pousse à une pratique excessive des exercices physiques, mène la vie dure au jeune homme depuis plus d'un an. Depuis avril 2025, Estéban s'oblige à parcourir d'énormes distances en course à pied très régulièrement : "Au début, j'ai commencé à courir 150 km chaque semaine. Maintenant, je suis sur des semaines à 200-250 km", avoue-t-il. 

Au même titre qu'un addict aux écrans ou à la cigarette, le jeune homme ne peut s'empêcher de faire l'équivalent de 5 marathons de manière hebdomadaire : "Je ne m'autorise pas à faire moins de 4-5 heures par jour", explique-t-il. Un train de vie qui impacte beaucoup son quotidien : "Je vais sacrifier du sommeil, des visites de la famille, des sorties avec des amis", confie-t-il à Faustine Bollaert. 

"Je me lève le matin et je me dis 'Pourquoi tu y retournes'", raconte Estéban. Celui qui a arrêté ses études à cause de son addiction, explique que l'obsession est tellement forte qu'il s'oblige à s'entraîner malgré des douleurs physiques : "Même quand on est blessé, on y va, on force sur notre corps alors qu'il nous envoie des signaux d'alerte en permanence (...) Tant qu'on n'a pas une jambe cassée, on continue". 

Je me suis beaucoup comparé aux autres

Esteban, atteint de bigorexie

Le point de départ de son addiction ? L'arrête de la course avec son coach, en 2025. Estéban commence alors à s'entraîner en surrégime. S'il n'identifie pas de raisons particulières à l'apparition de sa bigorexie, il reconnaît que les réseaux sociaux ont joué un rôle important : "Je me suis beaucoup comparé aux autres (...) À force de voir des corps, des performances et des kilomètres, on finit par vouloir faire pareil". 

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Une addiction qui a vu le jour en parallèle d'un trouble du comportement alimentaire bien connu : l'anorexie. En effet, si Estéban s'oblige à courir 250 km par semaine, c'est avant tout pour être sûr de ne pas prendre du poids : "On se trouve plus gros que ce qu'on est. On se dit 'C'est génial, si je fais plus de sport, si je mange moins, je vais perdre du poids. Sauf qu'au bout d'un moment, on développe des problèmes de santé (...) Si je ne cours pas un jour, je vais m'interdire de manger", avoue-t-il au micro de RTL. 


Même si Estéban compte réduire son temps d'entraînement, il tient à montrer que la bigorexie est un vrai problème de santé : "On a tendance à minimiser, mais c'est une vraie addiction". Le jeune homme sensibilise donc dès qu'il le peut sur les dangers de cette dépendance, et met à profit ses connaissances approfondies en nutrition pour conseiller ses interlocuteurs : "Je fais des animations dans les collèges pour les enfants, pour leur expliquer l'importance de l'alimentation biologique". Loin d'avoir abandonné, Estéban tente petit à petit de se rapprocher de son objectif : "J'ai réussi à mettre des choses en place. Chaque jour est un combat, mais chaque petite victoire, il ne faut pas l'oublier. Refuser d'aller courir, c'est très important". 

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