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Super Loto du vendredi 13, jackpot de l'Euromillions : pourquoi les Français raffolent des jeux d'argent

Vendredi 13 oblige, les mises explosent. Avec 13 millions d’euros à gagner au Loto et 51 millions à l’Euromillions, les espoirs de fortune attirent des millions de joueurs. Mais au-delà de la superstition et des cagnottes record, que dit cet engouement sur notre rapport à l’argent et au hasard ?

Une grille de Loto (image d'illustration).

Crédit : Jean-Marc Barrère / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Super Loto du vendredi 13, jackpot de l'Euromillions : pourquoi les Français raffolent autant des jeux d'argent

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Martial You

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"Nous jouons beaucoup", explique l’historienne du jeu Élisabeth Belmas sur RTL ce vendredi 13 février. Si les Français ne jouent pas forcément plus que leurs voisins européens, leur attrait pour les jeux d’argent ne date pas d’hier. Les premiers jeux de hasard remontent à l’Antiquité, notamment avec les dés.

En France, le Loto moderne a été créé en 1976. Depuis, l’offre s’est largement diversifiée : jeux de tirage, jeux de grattage, paris sportifs, courses hippiques diffusées dans les bars PMU ou encore casinos. Résultat : environ 56% des Français ont joué au moins une fois à un jeu d’argent au cours des dix dernières années, contre 46,6% en 2010.

Le vendredi 13 agit comme un accélérateur. Selon l’éditorialiste économique Martial You, les mises peuvent être multipliées par deux ou trois lors de ces journées marquées par la superstition. Un tiers des Français se déclarent d’ailleurs superstitieux, un facteur qui se traduit directement dans les chiffres.

14 milliards d’euros misés chaque année

Au total, près de 14 milliards d’euros sont joués chaque année en France, tous jeux confondus, entre PMU, paris sportifs et loteries. Le mécanisme est bien rodé : une partie des mises alimente les cagnottes, l’autre constitue les bénéfices des opérateurs.

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La Française des Jeux collecte les mises du Loto et de l’Euromillions. Une part est redistribuée aux gagnants, ce qui permet d’atteindre parfois des montants spectaculaires, notamment grâce aux jeux à l’échelle européenne comme l’Euromillions. Le reste génère des bénéfices dont une partie est reversée à l’État sous forme de dividendes.

Depuis 2010, le marché s’est également ouvert à des opérateurs privés agréés par l’ANJ, l’Autorité nationale des jeux, qui drainent eux aussi des sommes importantes, notamment via les paris en ligne.

Jeux de grattage, loto, paris en ligne : des publics différents

Tous les joueurs ne se ressemblent pas. Les jeux de tirage et de grattage restent les plus populaires, attirant environ 26 millions de clients.  "Les jeux à gratter sont les favoris chez les femmes, à l’inverse du loto" a précisé Élisabeth Belmas. "Les hommes aiment beaucoup les jeux de tirage, et les jeunes, eux, se tournent vers les paris en ligne". 

Les plus jeunes, eux, se tournent massivement vers les paris en ligne. Une dynamique qui inquiète : malgré l’interdiction des jeux d’argent aux mineurs, de nombreux adolescents y ont accès, avec un risque d’addiction accru.

Élisabeth Belmas rappelle que le danger existe pour tous les publics, mais qu’il est particulièrement préoccupant chez les plus jeunes. L’essor du numérique facilite l’accès et banalise la pratique.

Les numéros porte-bonheur et l’illusion des probabilités

En France, les gains issus des jeux d’argent ne sont pas imposables. Une situation qui pourrait évoluer à l’avenir, selon les débats en cours. En revanche, les intérêts générés par le placement des sommes gagnées, eux, sont soumis à l’impôt. Lorsqu’un joueur remporte plusieurs millions d’euros, il est d’ailleurs rapidement entouré de conseillers financiers pour organiser la gestion de ce capital soudain.

Chaque jackpot ravive la quête des 'bons numéros'. Statistiquement, certains numéros seraient sortis plus souvent que d’autres ces dernières années, comme le "21, le 29, le 34, le 35 ou le 42". À l’inverse, d’autres apparaissent moins fréquemment. Mais ces écarts restent le fruit du hasard : chaque tirage est indépendant. L’idée de numéros "porte-bonheur" relève davantage de la croyance que des mathématiques.

Que deviennent les grands gagnants ?

Contrairement aux idées reçues, rares sont ceux qui dilapident leur fortune. "Quelques-uns se sont ruinés, mais beaucoup moins nombreux qu’on ne le pense", a remarqué Élisabeth Belmas. "J’ai rencontré plusieurs grands gagnants qui continuaient à mener une vie normale"., assure-t-elle sur RTL.

"Ce qui change le plus dans leur vie, ce sont les vacances. Ils ne se refusent plus rien". Une tendance récente est aussi apparue chez les très gros gagnants de l’Euromillions : "On observe la création de fondations, notamment chez ceux qui ont remporté des sommes énormes".

Le vendredi 13 concentre ainsi fantasmes, superstition et espoir d’ascension sociale. Entre rêve de liberté financière et réalité statistique implacable, les jeux d’argent continuent de séduire des millions de Français, fascinés par la possibilité, même infime, de voir leur destin basculer en une grille.

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