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STX Saint-Nazaire : faut-il s'inquiéter de la reprise par l'italien Fincantieri ?

ÉDITO - La justice sud-coréenne a retenu le constructeur naval italien Fincantieri comme candidat préféré à la reprise des ex-Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire.

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François Lenglet : faut-il s'inquiéter de la reprise de STX Saint-Nazaire par Fincantieri ? Crédit Image : SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA | Crédit Média : RTLnet | Date :
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François Lenglet et Loïc Farge

Voilà l’avenir d’une entreprise française désormais dans les mains d’un groupe italien, sur décision d’un tribunal de commerce de Séoul, en Corée-du-Sud. L’ancien actionnaire des chantiers de Saint-Nazaire est en effet coréen, et il est en faillite. Les magistrats de Séoul sont donc en train de vendre tous ses actifs, parmi lesquels la filiale française. Un fleuron français, spécialiste de la construction de paquebots de croisière : c’est lui qui a mis à flots de fameux Harmony of the Seas, le plus gros du monde (8.000 personnes à bord !). C’est une entreprise de plus de 2.000 salariés, héritière d’une tradition industrielle qui remonte à Napoléon III. Elle réalise aussi des navires militaires.

Fincantieri l'a emporté pour la plus mauvaise des raisons, et en même temps la meilleure : il était le seul repreneur. Il faut dire aussi que c’est le leader européen de la construction navale. Il s’agit d’une entreprise publique italienne, qui remonte à la fin du XVIIIe siècle. Elle fait aujourd'hui un chiffre d’affaires presque quatre fois supérieur à celui de nos Chantiers de Saint-Nazaire.

Saint-Nazaire dégage peu de profit

Saint-Nazaire accumule les commandes de navire de prestige, et il n’intéresse pas grand monde ? Là encore, une raison toute simple. C’est une entreprise qui ne dégage quasiment pas de profit (4 millions seulement, sur un milliard de chiffre d’affaires). C’est une activité ultra-concurrentielle, où le prix des bateaux est tiré à la baisse par les croisiéristes, les armateurs américains ou européens, ou désormais aussi asiatiques.

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Le marché de la croisière est pourtant en plein boom, mais justement parce que les prix ont chuté considérablement. C’est donc une économie tendue. Les Chantiers auraient été vendus entre 100 et 200 millions d’euros, c’est-à-dire le prix d’une PME de taille moyenne, soit moins de 20% du prix d’un gros navire !

Les salariés sont inquiets, et certains responsables politiques réclament la nationalisation. Il ne faut quand même pas exagérer. Certes nous sommes à une époque où l’on a évité la fermeture du site de Belfort et de ses 500 emplois pour 700 millions d’euros.

On peut évidemment dire n’importe quoi et faire n’importe quoi. Rappelons quand même plusieurs choses. D'abord, l’actionnaire d’avant était coréen ; il est remplacé par un européen, c’est pas plus bête. Et si l’on devait craindre des transferts de technologie en Asie, c’est plutôt la peur d’hier que celle de demain.

Concentration redoutée

Ensuite, Fincantieri est une entreprise publique, ça n’est pas un fonds de pension de veuves anglo-saxonnes assoiffées par la rentabilité. Enfin, l'État français reste au capital des Chantiers, avec la minorité de blocage. Il a donc toute latitude pour négocier avec le repreneur le plan de développement et son impact sur l’emploi local, qui sera bien sûr considérable.

Les compagnies de croisières, clientes de Saint-Nazaire, sont elles aussi inquiètes. Elles craignent une remontée du prix des navires, à cause de la concentration, les constructeurs seront moins nombreux après cette opération. Et elles n’ont peut-être pas tort. Mais ça, ça serait plutôt une bonne nouvelle pour les salariés, parce que ça voudrait dire que leur entreprise peut redevenir profitable, si le prix de leur production remonte.

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2017-01-04 08:30:00
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