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Sida : ce qu'il faut savoir de la conférence internationale de recherche de Paris

ÉCLAIRAGE - Jusqu'au mercredi 26 juillet, Paris sera la capitale de la lutte contre le Sida avec l'organisation d'une conférence qui réunit 6.000 chercheurs du monde entier, inquiets de voir les États-Unis baisser leur aide financière.

Linda-Gail Bekker présidente de la Société internationale du Sida et Jean-Francois Delfraissy, co-organisateur et ancien directeur de l'Agence nationale de Recherche sur le SIDA et les hépatites
Linda-Gail Bekker présidente de la Société internationale du Sida et Jean-Francois Delfraissy, co-organisateur et ancien directeur de l'Agence nationale de Recherche sur le SIDA et les hépatites Crédit : FRANCOIS GUILLOT / AFP
Eléanor Douet
Eléanor Douet
et AFP

Pas moins de 6.000 chercheurs sont réunis à Paris jusqu'au mercredi 26 juillet pour la conférence internationale de recherche sur le Sida. L'occasion pour tous les participants de faire le point sur les avancées de la recherche, qui explore des voies indirectes pour lutter contre le virus, en attendant de parvenir à l'éradiquer ou à trouver un vaccin.

Car même si en douze ans le nombre de morts du Sida a été divisé par deux dans le monde, grâce à de nombreuses avancées, le virus fait encore des ravages et a tué un million de personnes en 2016 (1,8 million de nouvelles contaminations).

Trente-quatre ans après la découverte du virus, les chercheurs ne parviennent pas à vaincre sa capacité à se dissimuler dans certaines cellules du système immunitaire, formant des réservoirs viraux qui se réactivent si on arrête le traitement. C'est pourquoi, la recherche s'emploie à maintenir le virus en sommeil le plus longtemps possible, à limiter les effets secondaires des traitements et à améliorer les moyens de prévention.

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Éviter les antirétroviraux

"Éradiquer complètement le virus du corps d'un malade, c'est très difficile, voire impossible", juge Anthony Fauci, directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), un organisme public de recherche américain. "Donc nous nous concentrons surtout sur la rémission sans antirétroviraux", explique ce spécialiste du Sida à l'AFP.

Mais cette "rémission fonctionnelle" n'est pas une guérison. Le VIH est toujours présent mais si affaibli qu'il ne peut ni se multiplier ni se transmettre à une autre personne pendant une durée prolongée, même en l'absence de traitement quotidien. 

Des effets secondaires lourds et coûteux

Actuellement, les personnes séropositives doivent prendre tous les jours des antirétroviraux. Ces médicaments apparus dans les années 1990 ont révolutionné la vie des patients. Ils présentent toutefois encore beaucoup d'effets indésirables (diarrhée, démangeaisons, nausées, maux de tête...) et les fournir tout au long de la vie à des millions de malades revient très cher. Fin 2016, 19,5 millions de personnes y avaient accès, soit un peu plus de la moitié des 36,7 millions de porteurs du VIH, selon l'ONU.

Le coût d'une année de traitement dans les pays à faible revenu varie de 75 euros à plus de 1.000 euros lorsque le traitement de première intention n'est pas efficace. Il arrive de plus en plus souvent que le virus développe des résistances.

"Nous ne pouvons nous permettre de continuer à financer une épidémie d'une telle proportion", avertit Linda-Gail Bekker, chercheuse au Desmond Tutu HIV Centre (Afrique du Sud) et présidente de la Société internationale du sida, qui organise la conférence à Paris. 

Les États-Unis appelés à maintenir leur aide financière

Au premier jour de la conférence, dimanche, les organisateurs de la conférence ont appelé les États-Unis, premier contributeur dans la lutte contre l'épidémie, à "rester engagés" financièrement, alors que Donald Trump a menacé les aides de coupes budgétaires.

"Les Américains représentent un financement essentiel dans ce domaine et nous avons besoin qu'ils restent engagés, a déclaré Linda-Gail Bekker, lors d'une conférence de presse. Dans le cas contraire, cela se traduirait par des morts et des nouvelles contaminations supplémentaires". Les "progrès remarquables" accomplis dans la lutte contre le Sida n'auraient pas été possibles sans la recherche. "Toute coupe dans les financements remettrait en cause ces progrès", a-t-elle souligné. 

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2017-07-24 16:31:00
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