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"Sexe neutre" : qu'est-ce que l'intersexualité ?

DÉCRYPTAGE - On estime qu'un enfant sur 100.000 en France naît avec des organes génitaux que l'on ne peut ni qualifier de mâle ou femelle.

Les symboles des genres sont mêlés sur un feu de signalisation à Londres, le 27 juin 2016.
Les symboles des genres sont mêlés sur un feu de signalisation à Londres, le 27 juin 2016.
Crédit : Dinendra Haria/Shutters/SIPA
Eleanor Douet
Eléanor Douet

Garçon ou fille ? Lors d'une grossesse ou d'un accouchement, c'est la première question qui se pose. Pourtant, dans certains cas la réponse n'est pas si évidente. L'intersexualité c'est la difficulté ou l'incapacité à déterminer si les organes génitaux d'un individu sont mâles ou femelles, selon les standards habituels.

En France, on estime qu'un enfant sur 100.000 naît dans cette situation, les intersexes. Et chaque année, 2.000 d'entre eux subissent une opération chirurgicale afin de déterminer si la mention "masculin" ou "féminin" apparaîtra sur leur état civil.  

La communauté intersexe, dont on parle peu, ne bénéficie d'aucun statut légal dans la législation française. Impossible pour ceux qui le désirent de supprimer la mention de genre sur les papiers d'identité. Jeudi 4 mai, la Cour de cassation a refusé que la mention "sexe neutre" puisse apparaître sur l’état civil d’une personne intersexuée française de 66 ans née selon son médecin avec un "vagin rudimentaire" et un "micropénis", estimant que la dualité homme-femme est l'un des fondements du droit.

De nombreuses intersexes militent pour que soit reconnu ce "sexe neutre" également appelé "troisième sexe". Plusieurs pays à travers le monde reconnaissent d'ailleurs l'intersexualité, comme l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Népal, l'Inde et l'Afrique du Sud. Malte, l'Argentine et le Danemark.

L'intersexualité c'est quoi ?

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Première chose, il ne faut pas confondre intersexualité et hermaphrodisme. En effet, les organes génitaux des personnes intersexuées ne sont pas fonctionnels, rappelle Arte. À la naissance, ces organes sont difficilement identifiables par le corps médical qui les qualifient d'ambigu sur le plan biologique.

Pour déterminer le sexe anatomique de l'enfant à sa naissance, certains médecins se basent sur la classification de Prader. Une échelle qui permet de définir si les organes génitaux sont "mâles ou femelles" en les classant de 0 à 5 : 0 correspond à des organes génitaux externes clairement féminins, 5 à des organes génitaux externes clairement masculins, rappelle le site Rue89.

De lourdes opérations aux effets secondaires contraignants

Après cela, les enfants subissent de très lourdes opérations visant à donner à leur sexe l'apparence souhaitée.. Ces multiples opérations sont censées définir le genre de l'individu, mais les choses sont beaucoup plus compliquées. En effet, quelques années plus tard, les intersexués peuvent ne pas se retrouver dans le genre qu'on leur a imposé. C'est pour cela que certains militent pour interdire ces opérations. De plus, à ces opérations s'ajoutent des traitements à suivre tout au long de sa vie. Les effets secondaires vont de la stérilisation, à la perte de la sensibilité, en passant par les bouffées de chaleur, la baisse de la libido et l'humeur changeante

Mais l'intersexualité n’apparaît pas forcément dès la naissance. Il faut parfois attendre l'adolescence et la puberté pour qu'elle se révèle. "Certains garçons peuvent développer une androgynie, leurs muscles ne se développent pas, leurs poils ne poussent pas. À l'inverse, les filles développent une forte pilosité et leur clitoris prend l'aspect d'un pénis", explique Antoine Faix, urologue interrogé par francetv info.

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