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Rosh Hashana : la communauté juive, "éprouvée", fête son nouvel an

Cette fête importante du calendrier juif se terminera mardi 15 septembre au soir et offre un message d'espoir après des temps marqué par la violence et l’antisémitisme.

La synagogue de Bordeaux pendant Rosh Hashana le 10 septembre 2014
La synagogue de Bordeaux pendant Rosh Hashana le 10 septembre 2014 Crédit : JEAN PIERRE MULLER / AFP
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
et AFP

La communauté juive vient de passer à l'an 5776. Le shofar, la corne de bélier, a sonné le Nouvel an dimanche 13 septembre dans les synagogues. Au soir d'une "année difficile" pour la communauté éprouvée par les attentats et l'antisémitisme, "la vie continue", soulignait le grand rabbin de France. Rosh Hashana, le jour de la sonnerie, célébrée du dimanche soir au mardi 15 septembre au soir, inaugure dix jours de pénitence menant à la fête la plus sainte du judaïsme, Yom Kippour, jour du grand pardon, le 23 septembre. Une tenue blanche, la bénédiction du vin, des quartiers de pomme trempés dans le miel dans l'espoir d'une année plus douce, voilà quelques-uns des rites emblématiques de Rosh Hashana.

Rosh Hashana est le temps du retour sur soi, des bilans et des vœux à la communauté. Le premier ministre Manuel Valls a présenté ceux du gouvernement mardi 8 septembre lors d'une cérémonie désormais annuelle dans une grande synagogue parisienne, alors que la communauté reste hantée par le souvenir de l'assassinat d'Ilan Halimi en 2006, des tueries de Merah en 2012 et, il y a huit mois, des quatre morts juifs de l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes à Paris. "Cataclysme après le cataclysme", a déploré le chef du gouvernement, disant sa volonté de "reprendre" la lutte contre l'antisémitisme, toujours à la hausse  (+84% d'actions et menaces antisémites entre janvier et mai par rapport aux cinq premiers mois de 2014). 

"Réenchanter les vies" après une "année difficile"

"L'année qui s'achève fut difficile, pour la communauté juive comme pour la communauté nationale, mais fidèles au Deutéronome ('tu choisiras la vie pour que tu vives, toi et ta descendance'), la vie a repris son cours", écrit le grand rabbin de France, Haïm Korsia. Le chef religieux de la première minorité juive d'Europe - un demi-million de membres - souhaite à tous les fidèles "de retrouver la joie et de réenchanter (leurs) vies". "Selon la formule consacrée à l'occasion de Rosh Hashana: 'Que cette année s'achève avec ses vicissitudes et que la nouvelle débute avec ses bénédictions'".  

Les juifs se sont habitués aux mesures de protection renforcées devant quelque 700 lieux communautaires (écoles, synagogues...), gardés par des milliers de policiers et soldats. "Des militaires dorment dans nos écoles, partagent les repas de nos enfants, protègent les accès de nos lieux de vie, sécurisent nos offices", a énuméré lors des vœux le président du Consistoire central, Joël Mergui, qui voit dans cette présence "le symbole de l'unité de la nation contre le jihadisme". L'inquiétude demeure pourtant, qui se lit dans les chiffres de l'"aliyah", l'émigration vers Israël, dont les causes (économiques, religieuses, identitaires...) sont multiples. L'année 2014 avait été record : la France avait fourni pour la première fois le plus important contingent d'émigrants avec plus  de 6.000 départs. Le nombre d'"olim" - ceux qui font leur "aliyah" - est encore en hausse pour les sept premiers mois de l'année 2015, à 4.772 (+11% en un an).

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Mais les appels à rester en Europe se font entendre de plus en plus nettement dans la diaspora. "Des voix qui, en France, étaient dans l'encouragement de l'aliyah se sont mises en sourdine. Il faut dire qu'elles affaiblissaient leurs propres institutions communautaires, c'était un non-sens", estime Jean-François Strouf, l'un des dirigeants de l'association Avenir du judaïsme. Ce tenant du courant Massorti, qui prône une adaptation de la loi juive à la modernité, confie : "Je ne sais pas si on est optimiste, mais en tout cas on n'insulte pas l'avenir". Et il se réjouit du large écho que peut avoir le grand pardon auprès de la communauté, croyante ou non. "Certains, qu'on appelle 'les juifs de Kippour', viennent à la synagogue pour la seule fois de l'année, note-t-il. C'est une manière de dire, malgré tout : 'J'ai encore en moi quelque chose qui est une part d'identité juive'". 

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