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Réduction de la dépense publique : une équation difficile à résoudre

REPLAY - ÉDITO - La France est la championne d'Europe de la dépense publique, à égalité avec la Finlande. Les deux pays consacrent 57% de leur richesse nationale au financement des politiques publiques.

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Réduction de la dépense publique : une équation difficile à résoudre Crédit Image : ERIC PIERMONT / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Eric Vagnier
Éric Vagnier et Loïc Farge

La dépense publique dévore 57% du PIB de la France. Dis autrement : cela veut dire que sur 100 euros, 57 partent pour la collectivité et l'intérêt général, et 43 seulement dans la consommation privée. Quand la France fait 1% de croissance (20 milliards de recettes supplémentaires), 11,5 milliards d'euros environ sont captés par la sphère publique et 8,5 milliards sont dépensés par les ménages et les entreprises. Jeudi 20 juillet à l'Assemblée nationale, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a expliqué que ce n'était "pas tenable". C'est trop déséquilibré. Cela se fait au détriment de la consommation et de l'investissement privés. Il  s'est fixé comme objectif d'ici la fin du quinquennat de réduire de trois points ces 57%.

À ce niveau-là, on resterait encore largement au-dessus de la moyenne européenne. Pour vous donner une idée, sous les deux précédents quinquennats, ce taux de la dépense publique par rapport au PIB a grimpé de sept points. En regagnant trois points, on ne ferait qu'un demi pas en arrière, à peine. L'Allemagne ne consacre que 44% de sa richesse à la couverture de ses dépenses publique, et la Grande-Bretagne 43%. La Suisse est sous les 35%. L'Irlande, sous les 30%.

Il faut quand même nuancer l'écart avec l'Allemagne. C'est inquiétant et pénalisant parce qu'au début des années 2000, l'écart n'était que de cinq points. Cela veut dire que la France dérive, alors que l'Allemagne maîtrise sa trajectoire. Mais en même temps, il faut prendre en compte certains paramètres. Disons que la France a quelques circonstances atténuantes.

Se méfier des comparaisons

Il y a la démographie, par exemple. En Allemagne, un quart de la population seulement a moins de 25 ans. En France, c'est presque un tiers. Cela induit forcément de dépenser davantage d'argent public de la maternité à l'université. Autre exemple : le budget des armées. La France joue un rôle sur la scène internationale que ne tient pas  l'Allemagne. Cela coûte cher à l'État français.

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Citons encore la Sécurité sociale. En France vous n'avez pas le choix : vous êtes obligé de cotiser, et c'est compté comme de la dépense publique. Alors qu'Outre-Rhin, vous avez la possibilité dans certains cas de vous couvrir  par vous-même avec des assurances privées (cela pèse moins sur les comptes publics de l'Allemagne).

Alors bien sûr il faut réduire l'écart avec l'Allemagne et rééquilibrer ce ratio entre dépenses publiques et dépenses privées. Gérald Darmanin a d'ailleurs expliqué aux députés ce qu'il comptait faire au-delà des coupes et des gels budgétaires : revoir, réformer les aides au logement, le système de la formation professionnelle et les dispositifs d'intervention sociale. Sans dire encore en quoi cela consisterait précisément, si ce n'est qu'il faudrait faire mieux pour moins cher. Ce genre d'équation est toujours difficile à résoudre. 

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