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Présidentielle 2017 : la presse a-t-elle trop d'influence dans cette campagne ?

INVITÉS RTL - Fabrice Lhomme, journaliste d'investigation au "Monde", et Jean-Claude Dassier, ancien patron de l'information de TF1 et LCI reviennent notamment sur l'affaire Fillon.

L'édition du "Canard Enchaîné" du mercredi 1er février sur l'affaire Penelope Fillon
L'édition du "Canard Enchaîné" du mercredi 1er février sur l'affaire Penelope Fillon
Crédit : AFP
Présidentielle 2017 : la presse a-t-elle trop d'influence dans cette campagne ?
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La presse est-elle trop présente dans cette campagne présidentielle ?
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Yves Calvi & Léa Stassinet

À chaque semaine ses révélations. Le 25 janvier dernier le Canard enchaîné accusait Penelope Fillon d'avoir bénéficié d'emplois fictifs en tant qu'attachée parlementaire de son mari mais également comme collaboratrice à la Revue des deux mondes. Deux semaines plus tard, le couple est toujours dans la tourmente et l'hebdomadaire satirique affirme dans sa nouvelle édition que Penelope Fillon aurait touché 45.000 euros d'indemnités de licenciement, payées par l'Assemblée nationale. Toutes ces accusations, ont fait lourdement chuter le candidat à l'élection présidentielle dans les sondages. Alors la presse prend-elle trop de place dans cette campagne ? 

"Nous sommes là pour dire les choses, il est naturel que l'on ait un rôle", explique Jean-Claude Dassier, ancien patron de l'information à TF1 et LCI. "Je pense que la presse explique et agit sur l'opinion, et elle agira aussi sur le résultat de l'élection", poursuit-il. 

Le peuple de droite a le sentiment que la presse attaque en permanence le candidat qu'ils ont choisi, cette sensation est-elle légitime ? "Moi j'essaie de ne pas verser dans le complotisme, qui ferait que les journaux se réuniraient en secret pour désigner leur prochaine cible", dit Fabrice Lhomme, journaliste d'investigation au Monde. "Cela ne fonctionne absolument pas comme ça. Mais les dernières grandes affaires qui ont marqué les élections présidentielles ont concerné la droite. Est-ce que c'est parce que les journaux seraient tous à gauche ou est-ce que c'est parce qu'il y a un problème sur une génération d'hommes politiques de rapport avec la morale publique ?" s'interroge, le journaliste. 

J'ai bien peur que cette odeur nauséabonde nous accompagne jusqu'au moment du vote

Jean-Claude Dassier

Christian Estrosi qualifiait au micro d'RTL de supplice chinois le fait que le Canard enchaîné dévoile petit à petit ses informations. Faire un feuilleton de cette affaire, est-ce un problème ?  "Il y a deux choses : soit le journal obtient au fur et à mesure de leurs investigations des informations, soit ils avaient dès le départ tous les éléments et décident de les publier chaque semaine, et cela ne me choque pas. Il y a toujours eu des feuilletons, c'est l'histoire de la presse. Cela ne me pose pas de problèmes quand c'est fait pour des raisons éditoriales", poursuit Fabrice Lhomme. 

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"C'est aussi pour vendre du papier", rétorque Jean-Claude Dassier. "On vend 3, 4 fois au lieu d'une seule. Mais ce n'est pas neutre sur le climat et l'opinion. Cette campagne pue ! Et j'ai bien peur que cette odeur nauséabonde nous accompagne jusqu'au moment du vote", prédit l'ancien patron de l'information de TF1. 

"Ce n'est pas très bon pour la démocratie", ajoute Jean-Claude Dassier. "La justice n'a encore rien dit, à priori nous sommes censés ne pas savoir si cela était un emploi fictif ou non, et pourtant François Fillon est déjà touché si ce n'est coulé. Quand il dit qu'il y a un tribunal médiatique, je ne peux pas lui donner complètement tort", poursuit-il. "Hier le Canard enchaîné sort une énième révélation, il y en a eu toute la soirée. Si je dirigeais encore une chaîne, j'en faisais une brève". 

"Le problème quand une affaire éclate, c'est qu'avec les réseaux sociaux et les chaînes d'information, c'est-à-dire avec 'l'infobésité', le public reçoit l'information mille fois par jour. Alors qu'auparavant, on lui disait une fois dans son journal du matin et on lui rappelait au journal télévisé du soir. Aujourd'hui c'est la répétition qui donne un effet de loupe, qui donne le sentiment que les médias s'acharnent", conclut Fabrice Lhomme. 

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