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"Pour la baisse des impôts, repassez plutôt à partir de 2019 !", lance François Lenglet

ÉDITO - Édouard Philippe s'est engagé à "faire baisser la dépense publique de trois points de PIB" et la "pression fiscale d'un point de PIB" au cours du quinquennat.

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François Lenglet : "Pour la baisse des impôts, repassez plutôt à partir de 2019 !" Crédit Média : RTLnet | Date :
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François Lenglet et Loïc Farge

Edouard Philippe a donc fait son discours de politique générale mardi 4 juillet. Une chose simple est à retenir : il faudra attendre 2019 pour avoir des baisses d'impôt. En 2018, les impôts prélevés sur l'économie française, sur les ménages et les entreprises considérés en totalité, ne diminueront pas. Durant la première année du quinquennat Macron, nous resterons donc au plus haut en matière de fiscalité.

À compter du 1er janvier prochain, il y aura certes la baisse des charges salariales, avec un gain de pouvoir d'achat pour les salariés. Cela va augmenter nos salaires nets. Mais en contrepartie, la CSG va progresser elle aussi (et fortement) pour tous les retraites supérieures à 1. 200 euros par mois, et pour les revenus de l'épargne et des placements des Français. Au total, tout cela sera neutre, ça va s'équilibrer. Pas de baisse, donc.

Toutes les autres réformes fiscales - la suppression de la taxe d’habitation, la refonte de l'ISF, la baisse des prélèvements sur l'épargne - sont remises à plus tard, 2019 au plus tôt. Quant à la défiscalisation des heures supplémentaires, qui figurait dans le programme Macron, elle a été purement et simplement oubliée.

Le choix de la limitation du déficit public

Pourquoi l'exécutif a-t-il changé de pied ? L'explication officielle, c'est l'héritage, c'est-à-dire la situation budgétaire laissée par François Hollande, qui est plus dégradée que prévue, et pour 2017, et pour 2018. C'est vrai, mais seulement en partie. Le programme Macron lui même n'était pas compatible avec un déficit modéré, au moins pour l'année de la mise en route des réformes. Le candidat était resté dans l'ambiguïté sur ce sujet. Une fois au pouvoir, Emmanuel Macron choisit de privilégier la réduction du déficit, ou plutôt sa limitation à 3% du PIB. Du coup, il retarde les baisses d'impôts. C'est Maastricht qui prévaut sur toutes les autres considérations.

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À moyen terme, il n'y a pas à contester la remise en ordre des comptes. Mais à l'inverse, n'est-ce pas dommage de consacrer à cela seulement les premières années du quinquennat, sans réforme de fond en matière de fiscalité ? Est-ce qu'on peut imaginer que l'investissement va vraiment repartir si on laisse le système français en l'état ?

Avec une politique fiscale comme celle qui nous a été présentée mardi 4 juillet, il n'y aura pas d'accélérateur de croissance l'année prochaine. La France devra donc compter sur ses voisins pour être entraînée dans la reprise et faire baisser le chômage. Tout ça n'est pas joué.

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