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GPA, PMA, fin de vie... 4 sujets clivants abordés lors des États généraux de la bioéthique

ÉCLAIRAGE - Jeudi 18 janvier débutent les États généraux pour réviser la loi sur la bioéthique. Ils vont sans aucun doute relancer des débats sur des sujets de société controversés. Ils dureront jusqu'au 7 juillet.

"La PMA pour toutes" était l'un des principaux slogans de la Marche des Fiertés samedi 24 juin 2017
"La PMA pour toutes" était l'un des principaux slogans de la Marche des Fiertés samedi 24 juin 2017 Crédit : PHILIPPE DESMAZES / AFP
Cécile De Sèze
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

Ce sont des sujets de société délicats à aborder. Encore plus à légiférer. C'est pourquoi, tous les 7 ans au moins, la France doit réviser sa loi sur la bioéthique en ouvrant le débat sur de nombreux thèmes qui touchent à des questions cruciales comme la mort, la santé, la famille...

Ces États généraux se tiennent à partir de jeudi 18 janvier et vont se poursuivre jusqu'au 7 juillet prochain. Six mois de débats autrement dit, à la fois entre experts, médecins et associations, mais aussi avec les citoyens, jeunes et moins jeunes. Des concertations vont être lancées pour que tous puissent participer.

Ainsi, la recherche génétique sur les cellules souches, la robotisation, l'intelligence artificielle, la connexion entre environnement et santé ou encore les dons d'organes seront notamment abordés. Et de nombreux autres, dont certains cristallisent déjà les passions. 

1. L'ouverture de la PMA à toutes

La procréation médicalement assistée (PMA) est autorisée en France. Le débat porte sur son ouverture aux couples de femmes et aux femmes célibataires. Le fait est que plusieurs de nos voisins l'ont autorisée et que les enfants nés d'une PMA faite à l'étranger sont reconnus en France.

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Autoriser la PMA en France éviterait à des couples et des femmes seules des complications, des voyages, et des difficultés à concevoir un enfant. L'une d'elle racontait à RTL.fr les obstacles rencontrés lors de la procréation de son fils en Belgique avec sa compagne.

Récemment, un sondage paru dans La Croix montrait que la majorité des Français étaient favorables à l'ouverture de ce droit aux couples de femmes et femmes célibataires, même si la présidente de La Manif pour tous, farouchement opposée au projet, espère un basculement de l'opinion publique.

2. L'autorisation de la GPA

Dans ce même sondage, 64% des Français se disent favorables à l'ouverture de la GPA. C'est un autre sujet qui sera aussi abordé lors des États généraux de la bioéthique. La gestation pour autrui est interdite à tous les couples en France, mais son autorisation est mise sur la table.

Mercredi 17 janvier, Le Monde a publié une tribune, signée notamment par Muriel Robin, Élisabeth Badinter et Annie Ernaux. "Les enfants nés par le recours à la GPA sont là (...), on ne peut plus les ignorer comme des fantômes et faire comme s'ils n'existaient pas", affirment notamment les signataires.

Mais la GPA n'est pas du goût de tout le monde. Certains craignent effectivement une marchandisation du corps de la femme. Emmanuel Macron a lui-même toujours assuré son opposition à la GPA. 

3. La fin de vie revient dans le débat

"J'ai toujours pensé que la société avait un temps d'avance sur le politique. J'espère que sur cette question, les États généraux vont permettre d'avoir un débat serein, sans tabou. J'en attends beaucoup". Voilà la position de Dominique Bertinotti sur la question. 

Pour l'ancienne ministre déléguée à la famille de François Hollande, interrogée sur RTL au début de l'année, le droit français devrait aller plus loin dans la législation en vigueur portant sur la fin de vie. Un "droit de sédation profonde et continue" a été instauré dans la loi Leonetti en 2016. 

Mais le débat sur la bioéthique abordera le sujet d'une manière plus aboutie encore. Les citoyens, médecins et toutes personnes participant aux discussions, débattront alors des questions de l'euthanasie et du suicide médicalement assisté.

4. Modifier l'embryon contre les maladies graves ?

C'est un autre sujet propice aux controverses. La peur d'une dérive vers l'eugénisme freine en effet une partie de l'opinion publique en ce qui concerne la modification génétique de l'embryon. 

Dans ce même sondage de La Croix, les Français se prononcent en majorité pour cette pratique mais dans le but de "guérir les maladies les plus graves avant la naissance" et la rejettent si elle vise à "améliorer certaines caractéristiques de l'enfant à naître". 

Une nouvelle loi sur la bioéthique devrait être rédigée à l'issue de ces débats cruciaux, qui ne manqueront pas de déchaîner les foules et faire descendre les familles dans la rue. Elle sera présentée à l'automne en vue d'une adoption potentielle en 2019.

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