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Peut-on être un terroriste à l'âge de 3 ans ?

REPLAY - En Angleterre, un enfant de trois ans a subi un programme de déradicalisation, ce qui soulève la question de l'âge à partir duquel on est en capacité d'être dans "l'intentionnalité criminelle".

Un enfant sur le chemin de l'école (illustration)
Un enfant sur le chemin de l'école (illustration)
Crédit : AFP PHOTO MYCHELE DANIAU
Peut-on être un terroriste à l'âge de 3 ans ?
05:02
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La rédaction de RTL

Trois ans. C'est l'âge d'un petit Londonien qui a dû suivre un programme de déradicalisation islamiste au travers du projet "Channel", qui existe au Royaume-Uni depuis trois ans maintenant. Les autorités ont indiqué que l'enfant subissait la dangereuse influence des membres de sa famille. Près de 1.000 mineurs ont suivi ce programme pour les empêcher de partir en Syrie ou en Irak.


Hélène Romano, docteur en psychopathologie et expert auprès des tribunaux, tente d'expliquer ce qu'il se passe dans le cerveau d'un enfant et précise qu'elle n'est "malheureusement pas surprise" par cet exemple anglais. "Au nom de la famille idéale, on peut mettre des choses qui ne sont pas adaptées, juge-t-elle. Un enfant de trois ans est dépendant de ses parents, il va s'identifier à eux. De là à avoir l'intentionnalité d'avoir des actes criminels, d'avoir ce discernement à voir le bien et le mal, on voit bien la diabolisation de l'enfant qui peut être faite par certaines institutions".

Si on fait du 'lavage de cerveau', on est dans des dérives éthiques majeures

Hélène Romano, docteur en pschopathologie

Le cerveau peut-il assimiler une propagande dès un si jeune âge ? "Pour assimiler, il faut avoir la capacité de comprendre pour soi-même, ce qu'un enfant de trois ans n'a pas. Il va être très facilement sous l'emprise qui peut être positive ou négative, mais il n'a pas d'intentionnalité. Ce sont des choses qui peuvent rester dans sa tête, d'où l'importance de travailler sur d'autres modèles proposés à l'enfant pour lui permettre de se différencier de ce que les parents veulent imposer. C'est ce qu'on fait avec les enfants pris dans les sectes."

La question du "nettoyage de cerveau" dans un sens comme dans l'autre se pose ainsi, Héléne Romano est très réticente à ce principe. "Non on n'arrive pas à laver les cerveaux ou alors on arrivera à faire, pardonnez-moi de la comparaison, ce que faisaient les nazis, avance-t-elle. Si on fait cela, on est dans des dérives éthiques majeures. Un enfant n'est pas un objet il faut travailler la question des interactions, sur le lien parent-enfant.

On risque d'imposer d'autres choses au nom d'un autre idéal

Hélène Romano, docteur en pschopathologie
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Jean-Marie Bockel avait effectué des propositions de ce genre en 2010, des solutions que la docteur en psychopathologie ne juge pas adaptées. "Ça stigmatise, diabolise l'enfant, estime-t-elle. Un enfant doit être dans une temporalité, le risque c'est, au nom d'un idéal, qu'on combatte une idéologie mais on risque d'imposer d'autres choses au nom d'un autre idéal."

La question est de savoir s'il y a un âge où l'on peut atteindre un point de non-retour. "Ce n'est jamais trop tard, selon Hélène Romano. On voit des enfants sous l'emprise de sectes qui arrivent à se dégager grâce à un travail thérapeutique de l'emprise qu'ils ont subi, encore faut-il avoir les dispositifs adaptées."

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