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Pétrole : "Personne ne sait jusqu'où peut baisser le prix", estime le spécialiste Francis Perrin

REPLAY / INVITÉ - Le prix du litre de gazole est au plus bas depuis six ans et demi en France. Le président de Stratégies et politiques énergétiques voit plusieurs raisons telles que l'abondance de pétrole sur le marché.

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Pétrole : "Personne ne sait jusqu'où peut baisser le prix", estime le spécialiste Francis Perrin Crédit Média : Yves Calvi | Durée : | Date : La page de l'émission
Jérôme Florin
Jérôme Florin et Ludovic Galtier

Le prix du litre de pétrole est descendu sous le seuil symbolique d'un euro en France. Il s'agit d'une moyenne nationale. Francis Perrin, président de Stratégies et politiques énergétiques et directeur de la rédaction de Pétrole et Gaz arabe, explique pourquoi ce niveau est le plus bas enregistré depuis six ans et demi. "La raison est très simple, c'est la chute des prix du pétrole brut sur le marché international. L'automobiliste qui passe à la pompe paie essentiellement pour deux choses : des taxes, qui vont augmenter de trois centimes au 1er janvier, mais aussi la répercussion du prix du pétrole et des produits pétroliers sur les marchés internationaux. Cette deuxième composante baisse fortement depuis l'été 2014 parce qu'il y a trop de pétrole sur le marché."

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) continue à produire au-delà des limites qu'elle s'est elle-même fixée. "La production du pétrole au niveau mondial n'est pas coordonnée par une autorité. Chaque pays, chaque producteur, chaque compagnie pétrolière produit ce qu'il peut, ce qu'il veut produire en fonction de ses réserves, des champs qu'il contrôle, du niveau des prix et de la rentabilité des opérations. Il n'y a pas de régulation de la production pétrolière mondiale."

L'Opep a décidé d'engager un bras de fer et de ne pas plier en réduisant sa production

Francis Perrin, président de Stratégie et politiques énergétiques et directeur de la rédaction de Pétrole et Gaz arabe
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Trop de pétrole a été produit notamment avec les pétroles non conventionnels aux États-Unis et au Canada. "L'Opep a décidé d'engager un bras de fer et de ne pas plier en réduisant sa production. Elle dit que "s'il y a une réduction de la production, elle doit être partagée entre les pays membres de l'Opep et les pays non Opep. Si ce n'est pas le cas, les prix baisseront pour tout le monde et on verra qui tiendra le plus longtemps."

S'agit-il d'une bonne nouvelle pour l'économie ? "Les pays exportateurs, les compagnies pétrolières et groupes terroristes comme l'État islamique sont défavorisés. Les prix ont chuté d'environ 70% depuis juin 2014. Tous ceux qui achètent du pétrole, comme la France et les pays européens, bénéficient de la chute des prix du pétrole."

Daesh, un acteur puissant sur le marché

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Ce pétrole pas cher n'a-t-il pas le goût du sang ? Daesh étant un acteur puissant sur le marché. "Daesh contrôle certains champs de pétrole, 60% en Syrie, certains champs de pétrole en Irak et elle essaie de faire de même en Libye. Daesh reste un petit producteur de pétrole. Donc ce n'est pas lié. On estime que Daesh contrôle une capacité de production de l'ordre de 40.000 barils par jour de pétrole. Total, c'est 2,3 millions de barils par jour de pétrole. Daesh essaie de vendre à des négociants peu scrupuleux dans la région du Moyen-Orient où des réseaux de contrebande et de trafic existent depuis longtemps. Il y a eu un embargo contre le pétrole irakien, il y a toujours un contrôle du pétrole iranien. Daesh profite de ces circuits illégaux".

On estime que Daesh contrôle une capacité de production de l'ordre de 40.000 barils par jour de pétrole

Francis Perrin, président de Stratégie et politiques énergétiques et directeur de la rédaction de Pétrole et Gaz arabe
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La baisse du coût du pétrole va se poursuivre ? "Personne ne le sait, on ne sait pas jusqu'où ça peut baisser. On est à un niveau très bas. On était à 115 dollars par baril en juin 2014, on est aujourd'hui à 36-37. Peut être que les prix vont encore baisser mais sans doute pour pas très longtemps. Mais les prix du pétrole ne devraient pas remonter parce qu'il y a trop de pétrole sur le marché."

Des prix du pétrole au plus bas, ce n'est pas bon pour la transition énergétique. "Les acteurs économiques peuvent se dire : le pétrole est très bas, le prix du gaz est très bas, le prix du charbon est très bas. Pourquoi se casser la tête et investir des sommes considérables dans la transition énergétique, NDLR). Mais ces combustibles fossiles ont quelques défauts comme celui de générer des émissions de gaz à effet de serre."

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