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Paris, capitale antiterrorisme du monde dimanche

Une mobilisation exceptionnelle et internationale se prépare pour ce dimanche 11 janvier 2015 à Paris.

Un rassemblement en hommage aux victimes de la tuerie de "Charlie Hebdo" jeudi 8 janvier place de la République à Paris
Un rassemblement en hommage aux victimes de la tuerie de "Charlie Hebdo" jeudi 8 janvier place de la République à Paris
Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Paris devait se muer ce dimanche en capitale douloureuse du monde en accueillant une immense et très internationale manifestation contre des attentats qui ont fait en France 17 morts auxquels s'ajoutent les trois assaillants islamistes.

Dirigeants du monde entier, partis, syndicats, groupes religieux juifs, chrétiens, musulmans, associations, personnalités : tout semblait réuni pour faire du 11 janvier, avec sa marche républicaine, un jour historique. C'était au départ un hommage aux victimes de jihadistes revendiqués, à commencer par les irrévérencieux dessinateurs de Charlie Hebdo massacrés mercredi, puis une jeune policière jeudi, et quatre personnes dans une supérette casher ce vendredi. C'est devenu progressivement un sommet à haute résonance diplomatique.

Barack Obama ne participera pas à la marche

Le couple royal jordanien, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et le président palestinien Mahmoud Abbas étaient ainsi attendus à Paris pour se joindre à François Hollande à partir de 15h00. De même que le président ukrainien Petro Porochenko et le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov.

Par contre, le président des Etats-Unis, Barack Obama ne participera pas à cette "marche républicaine", a indiqué à l'AFP un responsable américain, démentant ainsi une rumeur qui circulait sur les réseaux sociaux. Avant Hollande, seul un président français avait déjà participé à une manifestation de rue: François Mitterrand en 1990 après la profanation du cimetière juif de Carpentras.

Mobilisation internationale

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Le défilé est prévu entre République et Nation, deux grandes places de l'est parisien que séparent trois kilomètres. Participeront aussi huit présidents africains et les plus hauts dirigeants européens, d'Angela Merkel à David Cameron, de Mariano Rajoy à Jean-Claude Juncker. Soit près de 50 chefs d'Etat ou de gouvernement que François Hollande, omniprésent sur tous les fronts de la crise, devrait recevoir auparavant à l'Elysée. A la présidence, justement, on a salué à la fois "la mobilisation internationale exceptionnelle" et l"'union nationale".

Mais a-t-on ajouté, il s'agit d'abord du "rassemblement du peuple français". Ce que confirme un sondage Ifop Paris Match publié samedi soir : 97% des Français jugent nécessaire de faire preuve d'unité nationale. Unité nationale doublée désormais d'une union sacrée planétaire.

Mobilisations impressionnantes

Les familles des victimes doivent marcher en tête du cortège. Suivront le chef de l'Etat et les hôtes étrangers, puis les personnalités politiques françaises. Tous les partis seront là à l'exception du FN, Marine Le Pen ayant appelé à manifester en province et non à Paris, elle-même étant à Beaucaire, mairie d'extrême droite.

Les mobilisations impressionnantes ce samedi dans les grandes villes de province - 700.000 personnes en tout, selon l'Intérieur, 120.000 dans la seule Toulouse - semblait augurer de chiffres encore plus forts dans la capitale. "Plusieurs centaines de milliers" de manifestants, a prudemment avancé Bernard Cazeneuve, "des millions", s'est aventuré le Premier ministre. Le record reste la liesse collective de quelque 1,5 million de personnes descendues dans les rues pour la victoire au Mondial de football en 1998.

Mesures de sécurité draconiennes

Manuel Valls a promis des mesures de sécurité à la hauteur. Elles seront draconiennes avec 2.200 hommes mobilisés, 10 stations de métro fermées, le stationnement interdit. Cette manifestation intervient alors que le plan Vigipirate, est à son niveau le plus élevé - "alerte attentat" - en Ile-de-France.

Dans le cadre de ce plan, 2.000 policiers et 1.350 militaires protègeront en outre les sites sensibles à Paris et son agglomération : sièges des médias, lieux de culte, écoles confessionnelles, bâtiments publics, représentations diplomatiques. La couverture médiatique devrait être elle aussi exceptionnelle, comme elle l'a été tout au long d'une crise qui a été comparée à un "11 septembre" français.

L'agenda de Hollande est sans répit

Mais la journée de l'exécutif ne se résume pas à ce cortège. L'agenda de Hollande est sans répit. Il reçoit d'abord le matin, avec son Premier ministre, les représentants de la communauté juive, avec qui il devrait évoquer ce qu'il avait qualifié dès vendredi d'"acte antisémite effroyable" commis porte de Vincennes par un affidé de Daech.
Il devait par ailleurs se rendre à la synagogue de la Victoire à 18h30. A 12h00, ce sera le tour du gouvernement au grand complet. Suivront à 13h00 les ex-présidents et ex-Premiers ministres.

Dans la première catégorie, seul son prédécesseur Nicolas Sarkozy - revenu au palais présidentiel ce jeudi pour la première fois depuis le 15 mai 2012 - a accepté l'invitation, déclinée par les octogénaires Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac. Mais les ex-chefs de gouvernement seront au complet, de Michel Rocard à Jean-Marc Ayrault, en passant par Alain Juppé.

Rendez-vous à l'Elysée

François Hollande accueillera aussi à l'Elysée dirigeants internationaux et personnalités françaises et se rendra ensuite avec eux à la marche républicaine. Son ministre de l'Intérieur aura aussi fort à faire, outre la sécurisation du cortège monstre, une réunion internationale sur le terrorisme avec 11 ministres de l'Intérieur européens et le ministre américain de la Justice Eric Holder, proche de Barack Obama. Lettonie, Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Italie, Pays-Bas, Pologne, Suède et Royaume-Unis seront représentés.

Après ces temps d'hommage, de deuil et de communion viendront sans nul doute celui des débats, des mises en cause, des doutes sur les systèmes de sécurité où, a admis Manuel Valls, il y a eu "des failles". Mais ce dimanche c'est l'heure de ce que la philosophe Elisabeth Badinter appelle dans le JDD l'"état de résistance".

Une résistance, pas une guerre, selon Badinter

L'intellectuelle conteste la notion de guerre développée tant par Manuel Valls ("nous sommes en guerre contre le terrorisme, pas contre une religion") que Nicolas Sarkozy ("la guerre a été déclarée à la civilisation" par des "barbares").

Mais pour Elisabeth Badinter, "la guerre est une agression réciproque. Nous n'agressons personne : nous résistons". Surtout pas d'amalgame, tel est aussi le leitmotiv de beaucoup. Les Jeunes socialistes défileront d'ailleurs derrière une banderole "Les jeunes pour la République, contre les amalgames".

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