1. Accueil
  2. Actu
  3. Société
  4. Marchés financiers : les actionnaires individuels sont de retour
3 min de lecture

Marchés financiers : les actionnaires individuels sont de retour

ÉDITO - La bourse attirerait à nouveau les Français. Le nombre de petits actionnaires est reparti à la hausse. Il était temps car il n' y en avait presque plus.

La Bourse de Paris (illustration)
La Bourse de Paris (illustration)
Crédit : FRED DUFOUR / AFP
Marchés financiers : les actionnaires individuels sont de retour
03:47
Marchés financiers : les actionnaires individuels sont de retour
03:31
Éric Vagnier

Selon les derniers chiffres de l'Autorité des Marchés Financiers, les petits actionnaires seraient de retour. On les avait un peu perdu de vue. Depuis l'éclatement de la bulle Internet au début des années 2000 et surtout la crise financière de 2008, les actionnaires individuels étaient devenus une espèce en voie de disparition.

Leur nombre en 15 ans est passé de 7 millions à 3 millions. Une dégringolade continue année après année. L'idée qui s'est répandue, c'est la conviction que décidément la bourse, ce n'est pas fait pour Monsieur ou Madame Tout-le-Monde mais que c'est une affaire d'experts et de professionnels. Autrement dit, il ne faut pas y aller, à moins d'avoir le cœur bien accroché. En 2008, le CAC 40 a plongé de presque 45%. Quelques années auparavant, les valeurs internet avaient joué aux montagnes russes. France Telecom, Vivendi, Alcatel et d'autres étaient montés au ciel avant de faire du rase-motte. Un gros investisseur, un fond de pension peut résister, pas un petit actionnaire. Ce sont eux qui ont été les premières victimes des crises financières de ces dernières années.

Pourtant échaudés, les actionnaires individuels reviennent. Il vient d'y avoir un retournement de tendance. Le nombre d'actionnaires individuels ne diminue plus, il remonte. Ce n'est pas une déferlante mais quand même. Selon les derniers chiffres de l'Autorité des Marchés Financiers, 700.000 français seraient revenus vers la bourse depuis un an. Les petits actionnaires ne sont plus 3 millions seulement, mais 3,7 millions. On verra si c'est l'amorce d'une inversion durable, pour retrouver peut-être le niveau des années 70 quand le tiers du capital des sociétés cotées sur la place de Paris était détenu par des particuliers, alors qu'aujourd'hui on est tombé sous les 10%

Comment expliquer ce regain ?

Ce regain d'intérêt des particuliers pour les actions en bourse trouve plusieurs explications. Les leçons de la crise de 2008 ont été tirées. On n'est pas à l'abri de nouveaux soubresauts mais les marchés financiers sont mieux régulés. Et de fait, la bourse ne joue plus au yoyo en donnant des hauts-le-cœur. C'est beaucoup plus lisse et donc moins effrayant pour les petits actionnaires. En plus, ça va plutôt bien dans les salles de marché. Même si ces 3 derniers mois ont été un peu difficiles, le CAC 40 s'est durablement installé au dessus des 5.000 points. En un an il a gagné 17%. Quand on veut placer ses économies, ça se regarde, d'autant plus que d'autres produits financiers tels que l'assurance-vie ou l'épargne réglementée, sont loin d'offrir un tel rendement. 

À écouter aussi

De même, le contexte politique et économique a changé. "L'ennemi, ce n'est plus la finance". Le discours politique a changé. On a même un banquier à l'Élysée. Et la croissance est revenue. Ça ne pourra que soutenir les cours de bourse. Le contexte donc est plus rassurant, plus encourageant pour les petits actionnaires.

De l'importance des petits actionnaires

Le fait que les Français redeviennent des actionnaires est important car c'est une source de financement de l'économie. Surtout en période de reprise, il faut trouver de l'argent frais pour financer l'investissement, accompagner la croissance. C'est d'ailleurs l'un des objectifs affichés par Emmanuel Macron : réorienter l'épargne vers les entreprises. Pour cela, il faudra une fiscalité plus attractive et un effort des sociétés cotées en bourse pour mieux reconnaître et écouter les petits actionnaires qui trop souvent sont ignorés, perçus comme quantité négligeable par les patrons des grands groupes. Si le gouvernement y arrive, aucune raison que ce regain d'intérêt des Français pour la bourse ne se poursuive pas.

Quant au profil des actionnaires individuels d'aujourd'hui, il y a toujours un double défi à relever : celui du rajeunissement et de la féminisation  : âge moyen 62 ans, 50% de retraités et prés des 3/4 des "boursicoteurs", comme on dit, restent des hommes.

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/