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Les plus pauvres renoncent aux lunettes

Mal informés, ils pensent ne pas pouvoir se le permettre. Pourtant, 85% bénéficient d'une couverture santé.

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Crédit : DENIS CHARLET / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Même si elles bénéficient d'une couverture de santé remboursant une partie ou la totalité des frais, beaucoup de personnes en situation de précarité renoncent à s'équiper de lunettes par manque d'information, selon une étude publiée jeudi. 

Le cabinet d'études et de conseil Gallileo a interrogé en décembre 115 personnes entre 22 et 76 ans en situation de précarité, dont 69% d'hommes. Une enquête commandée par les associations Emmaüs solidarité et VisionSoliDev, qui oeuvrent en partenariat pour offrir gratuitement des dépistages de vue et des équipements adaptés aux personnes défavorisées.

Impossible de s'orienter dans le métro

Et les résultats sont édifiants. 94% des sondés n'avaient pas d'équipement optique adapté, voire aucun équipement. Sept sur dix n'avaient pas vu un opticien depuis plus de deux ans, ou n'étaient jamais allés chez un opticien. Et dans huit cas sur dix cette situation entraînait de réelles difficultés au quotidien. Impossible, par exemple, de lire un panneau ou de s'orienter dans le métro. Pourtant, 85% des sondés bénéficiaient d'une couverture sociale permettant de s'équiper à peu ou pas de frais.

"70% des bénéficiaires de la CMU ne savent pas à quoi ils ont droit".

Quentin Ballu, Gallileo

C'est un "problème de santé publique", estime Quentin Ballu, chargé d'études chez Gallileo. Le renoncement aux soins est davantage imputable au manque d'information et de connaissance du système de santé visuelle (62%) qu'à la crainte de devoir débourser une forte somme d'argent (28%), précise-t-il. "70% des bénéficiaires de la CMU ne savent pas à quoi ils ont droit", et "pour 56% des sondés, consulter un ophtalmo est compliqué", souligne l'étude. 

Rôle des pouvoirs publics

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Pourtant, ne pas voir correctement "nuit à la réinsertion" des personnes en situation de précarité, selon Meryem Belkacémi, chargée de mission santé chez Emmaüs solidarité. La recherche d'emploi, l'orientation notamment sont entravées par une vision défaillante.

Pour Jean-Paul Roosen, président de l'association VisionSoliDev, qui a fourni 267 paires de lunettes en 2014, il s'agit de "sensibiliser" la filière optique à l'accueil de ces publics

Selon lui, les pouvoirs publics ont également un rôle à jouer en simplifiant le parcours et les formalités de prise en charge. "Il y a un travail à faire entre la filière de l'optique et les associations" pour que les plus pauvres fassent valoir leurs droits et obtiennent des lunettes à leur vue. 

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