3 min de lecture Crime

Les Beltracchi et autres faussaires de génie

REPLAY - Une émission consacrée à l'une des plus belles arnaques que le monde de l'art n'ait jamais connue : le faussaire Wolfgang Beltracchi et sa femme Hélène ont pendant plus de trente ans écoulé de faux tableaux de Max Ernst, Raoul Dufy, André Derain…

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L'affaire Beltracchi Crédit Média : Jacques Pradel | Durée : | Date : La page de l'émission
Jacques Pradel
Jacques Pradel et Charlotte Meritan

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L'édito de Jacques Pradel

Avec nos invités, nous vous racontons aujourd’hui l’une des plus belles arnaques de ces dernières années en matière de faux tableaux de Maîtres

C’est avant tout, l’histoire d’un couple, Hélène et Wolfgang Beltracchi, surnommés en Allemagne, « les Bonnie and Clyde du pinceau » !

Pendant plus de trente ans, ils ont vendu à prix d’or des tableaux signés Derain, Van Dongen, Raoul Dufy, Max Ernst… Au total 70 œuvres vendues à chaque fois pour plusieurs millions d’euros !

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Leurs victimes, des galeristes ou des collectionneurs à qui ils racontaient que ces toiles venaient de l’héritage d’un grand-père, qui aurait acheté avant guerre la collection d’un galeriste juif, obligé de fuir l’Allemagne nazie.

Wolfgang, le faussaire, choisissait soigneusement d’imiter le style des artistes en question, en peignant des tableaux « disparus », mais répertoriés dans des documents officiels.

Mes invités, le journaliste Bernard Géniès, et la galeriste parisienne Karin Muller, vont nous raconter dans un instant l’histoire de ce « vrai peintre » qui faisait de si beaux faux tableaux !

Ernst, Dufy, Derain... Wolfgang Beltracchi sait tout peindre

Pendant près de trente ans, Wolfgang Beltracchi a trompé les plus grands experts de l'art, galeristes, mécènes et historiens. Il a imité la patte des plus grands, parmi lesquels Max Ernst, Raoul Dufy, Georges Braque ou André Derain et peint des tableaux que l'on pensait perdus voire inconnus. Pendant des années, le monde de l'art a cru retrouver des chefs d'oeuvre de la fin du XIXe siècle valant de l'or. 

Ils étaient en fait peints par un faussaire, de génie, certes, mais faussaire tout de même, un Allemand anonyme qui avait décidé de mettre son talent au service de l'escroquerie

"Wolfgang n'a jamais copié, il n'a fait qu'inventer", affirme son épouse Helene qui suit et soutient Wolfgang depuis plus de 20 ans. Et il est vrai que le peintre n'a pas imité de tableau déjà existant. Il a imaginé ceux manquant. Une particularité qui a rendu aux experts la tâche d'autant plus difficile. "Les plus grands experts de Ernst, de Derain, de Dufy ont vu dans les tableaux de mon mari les véritables artistes," cantonne Helene avec fierté. 

Pour faire croire à l'authenticité de la peinture, Wolfgang et Helene utilisaient des matériaux de l'époque et falsifiaient des étiquettes de collectionneurs connus en les vieillissant artificiellement. Le couple recréait le monde de l'artiste et son époque, allant jusqu'à prendre des photos d'Helene en tenue du début du siècle avec un vieil appareil photo de 1920 !

Le commerce de Wolfgang et Helene a fonctionné ainsi pendant des dizaines d'années, jusqu'au jour où un acheteur d'un Campendonk a eu des doutes sur l'authenticité du tableau. En l'envoyant à un laboratoire spécialisé, les experts se sont rendus compte qu'un des pigments présents dans cette peinture, le blanc de titane, n'était utilisé que depuis les années 1950. Le tableau ne pouvait donc pas dater du début du XXe siècle.

Démasqués, les Beltracchi sont condamnés en 2011 pour escroquerie, à 6 ans de prison pour lui et à 4 ans de prison pour elle. Depuis qu'il est sorti de prison, Wolfgang travaille pour payer sa dette, estimée à 20 millions d'euros entre l'amende infligée par la justice allemande et le remboursement des acheteurs arnaqués. Les Beltracchi ont en ont déjà remboursé 7 millions. Il leur reste 13 millions à d'euros à débourser. Une dette financée par la vente de tableaux signés... Beltracchi.

Quelques liens pour vous aider à savoir si un tableau est un vrai : 
Quelques conseils pour reconnaître l'authenticité d'une peinture.
A quoi reconnaît-on une reproduction de tableau ?

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Jacques Chapus reçoit Fernand Legros dans son journal de 18h, le 17 mai 1979 Durée : | Date :

Nos invités

Bernard Géniès, rédacteur en chef adjoint de l'Obs où il dirige le service "Arts et spectacles" ; Karin Muller, galeriste et écrivain. Auteure du livre Quand l’art est pris pour cible (Editions Prisma) ; Helene Beltracchi.

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Crime Arnaque Escroquerie
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