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Le revenu des agriculteurs pourrait plonger de 26% en 2016

ÉDITO - À en croire l'Insee, qui publie des chiffres très inquiétants sur la crise agricole et sur le revenu des paysans, nos campagnes ne seraient pas vraiment riantes.

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François Lenglet : le revenu des agriculteurs pourrait plonger de 26% en 2016 Crédit Image : PHILIPPE HUGUEN / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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François Lenglet et Loïc Farge

Les chiffres de l'Insee, relayés mardi 13 décembre par les Chambres d'agriculture, montrent le désastre qui entoure la situation des agriculteurs français. Il s'agit tout d'abord des évaluations de revenus des paysans français pour l'année dernière. Selon cette étude, le salaire moyen d'un agriculteur en 2015 a atteint 25.400 euros par an, c'est-à-dire un peu plus de 2.000 euros de revenu par mois, toutes spécialités confondues. Mais il y a des disparités considérables. Surtout, cette moyenne pourrait chuter de 26% en 2016, selon les estimations préliminaires de l'institut de statistiques.

Sans surprise malheureusement, ce sont les éleveurs de porcs qui sont en bas du tableau, à 13.000 euros par an. Suivent les producteurs de lait : 17.500 euros, un montant qui avait déjà chuté de près d'un tiers en 2015. Les mieux lotis sont les viticulteurs, à 51.700 euros annuels, en progression de 4%. Également sur la bonne pente, les producteurs de fruits et légumes, qui sont aux alentours de 35.000 euros par an, en progression de près de 50%.

Forts écarts de revenus

Les marchés ne sont pas du tout les mêmes, ce qui explique ces écarts conséquents. La demande reste forte pour les vins, les légumes et les fruits, alors que le prix du porc s'est effondré malgré une petite reprise récente de la demande, et que le lait est victime d'une monumentale crise de surproduction, depuis la fin des quotas européens qui avaient organisé le marché. Quant aux céréales, les récoltes françaises étaient mauvaises et les cours mondiaux ont chuté, parce que les récoltes étaient trop abondantes ailleurs sur la planète.

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Si la situation s'est dégradée à ce point dans les années récentes, cela s'explique par la conjonction de plusieurs facteurs. D'abord des problèmes conjoncturels, justement les mauvaises récoltes sur les céréales, le vin et les betteraves, ou des prix mondiaux en baisse. Mais aussi des difficultés plus durables, comme le manque compétitivité des petites fermes françaises, qui comptent quand même pour le tiers des exploitations.

Il y a aussi la désintégration du système de protection européen, avec l'ancienne PAC, qui avait fait, sinon la prospérité de nos paysans, du moins qui les avait mis à l'abri. Citons encore la montée en puissance d'autres agricultures concurrentes, aux Pays-Bas et en Allemagne. Ce dernier pays a modernisé les grandes exploitations de l'ancienne RDA et est devenu, sur les quinze dernières années, une puissance agricole exportatrice.

Des aides pas toujours efficaces

On aide pourtant les agriculteurs. Il y a des plans sectoriels, qui répondent le plus souvent à l'urgence. Il y a eu aussi la tentative malheureuse pour fixer un prix plancher pour le kilo de porc, ce qui n'a pas grand sens dans un marché unique où les gros acheteurs peuvent s'approvisionner librement là où ils le souhaitent en Europe. Il y a eu aussi des allègements de charge importants et des moratoires sur les dettes, plus utiles. Pour la troisième année consécutive, les charges des agriculteurs diminuent. Mais ça ne suffit pas.

Cela aura probablement des conséquences sur l'emploi et sur la l'activité économique de la France, puisque la production agricole devrait chuter de près de 7% cette année, selon les calculs de l'Insee. L'estimation de croissance totale pour la France pour 2016, qui était de +1,5%, va être revue à la baisse cette semaine. L'une des explications de cette révision, c'est l'effondrement de la production de nos campagnes.

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2016-12-15 08:46:00
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